Bloqués à Majavatn

Notre route de ce 20 mars 2014: Mosjøen – Majavatn – Skage – Namsos – Vikhammer Camping: 252km. Cela ne semble pas beaucoup, mais les 129km entre Majavatn et Skage sont par temps hivernal et nous avons les chaînes-neiges monté durant toute cette section.

Majavatn

Nordland, Norge

Nous reprenons donc la route vers 10 heures à Mosjøen, mais pas pour longtemps. Après même pas 100 km, la route est barrée suite à un accident de camions militaires à la sortie du village de Majavatn.

Il neige fort et de manière continue, la route est couverte de neige fraîche et humide peu avant Majavatn. Vu l’excentricité du lieu où s’est formée la queue, nous retournons à la gare de Majavatn. Là, nous avons la possibilité de sortir et il y a une toilette ouverte et chauffé (quoiqu’elle ferme après le dernier train de 13h). Nous attendons là deux heures en regardant passer les ambulances et les grosses dépanneuses pour retirer les camions accidentés.

En démarrant notre camion, nous avons une première frayeur: le moteur ne démarre qu’au cinquième essai et tousse beaucoup quelques secondes. En restant garés deux heures, nous avons oublié une règle de base de la conduite dans le désert: il faut se garer face au vent pour ne pas boucher le pot d’échappement avec du sable. Dans notre cas il s’agit de neige, mais l’effet est le même. Bref, quand une partie des ambulances et dépanneuses repart vers Mosjøen, nous retournons à la queue. Certes, le semi-remorque n’a pas encore été retiré, mais tout à coup les choses avancent car une route forestière parallèle a été ouverte pour un contournement. Elle passe deux fois sous la nouvelle route E6. Nous demandons au pompier présent à la déviation si on a des chances de passer avec notre camion sans 4×4 et sans pneus cloutés. Il nous regarde très étrangement et nous demande comment on a fait pour arriver jusqu’ici sans ces équipements de base aux yeux de norvégiens. Nous retournons donc à la gare où la neige est mieux déblayée et nous chaussons les chaînes.

En prenant plus tard la déviation, nous voyons qu’elle présente des fortes pentes. Le premier passage sous la route marche bien, mais après un bouchon se forme. Il faut passer sous le deuxième passage qui est suivi d’un virage serrée et d’une forte montée, le tout dans 20 centimètres de neige fraîche. Ici, même les 4×4 avec pneus cloutés n’ont aucune chance. Mais nous, avec les chaînes, on était les rois ici, nous montons sans aucun problème.

Par la suite, nous serons les plus lents car on garde les chaînes sur plus de 130 kilomètres. Les températures sont légèrement positives, la glace raclée sur la route a fondue et il neige par dessus. Inutile de dire qu’on patauge même avec les chaînes. Nous voyons sur la carte qu’il reste beaucoup de dénivelé à faire, alors nous gardons les chaînes jusqu’au moment on l’on rejoint le niveau de la mer. Elles seront sérieusement usées ainsi car il y a bien sûr pas mal de sections proprement dégagées, mais c’était ça ou rouler au pas et les remonter plusieurs fois.

Il neige très fort et en même temps un vent froid souffle. La neige fond à moitié sur le pare-brise et colle ensuite sur les essuie-glaces. Nous avons roulé plus d’une heure ainsi sans voir grand chose. Nous nous relayons plusieurs fois au volant.

Tempête de neige et conditions de route épouventables à Majavatn. Photo © André M. Winter

Tempête de neige et conditions de route épouvantables à Majavatn. Photo © André M. Winter

Épuisés après le démontage des chaînes, nous continuons cependant vers Trondheim. Il y a logiquement très peu de photos de cette section.

Camping Vikhammer

Vikhammer, Trondheim, Norge

Comme si la route de Mayavatn n’était pas encore assez stressante, nous réussissons l’exploit de rester coincés dans un mélange de neige et de boue au camping de Vikhammer aux abords de Trondheim. C’est méchant, il avait neigé sur un sol non-gelé et rien n’était dégagé dans le camping. Arrivé à peu près où je voulais près d’une borne électrique, j’essaie de repartir et rien n’y fait. Une roue est enfoncé de 15 centimètres dans la gadoue à moitié gelée, le bas du moteur touche le sol.

Nous allons voir le patron du camping qui arrive avec sa BMW 4×4, Il n’arrive pas à bouger notre camion, le seul mouvement qu’il fait est de glisser en direction de la caravane installée à côté. Lorsqu’elle est à 15 centimètres, nous arrêtons le tractage infructueux. Il ne s’avoue pas vaincu et revient avec une pelleteuse. La corde de remorquage est attachée à l’anneau de remorquage à l’avant du Trafic d’un coté et à la pelle de l’autre. Il soulève carrément l’avant du trafic d’un demi mètre et me pose ainsi sur l’asphalte dégagé. Nous resterons devant les sanitaires, il y avait là aussi des prises…

Les photos sont prises le matin suivant où le soleil refait apparition.

Après cette dernière épreuve, Alex va dans la cuisine préparer le dîner. Moi je prends une douche, je suis sale et j’ai gravement transpiré malgré le froid. Au repas, nous retrouvons à peu près notre pouls normal.

Le matin suivant, nous visitons Trondheim sous un beau soleil. Nous restons fatigués de la veille.

 

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