Une nuit à Torre Chianca et Santa Maria d’Aurio

Nous connaissons la côte des Pouilles de décembre 2012, c’est une époque complètement morte, tous les campings sont fermés et comme il n’y a presque pas de touristes et encore moins en camping-cars, on pouvait se poser partout sur la côte. Fin septembre 2020, c’est un peu différent. Il fait encore chaud et il y a beaucoup plus de voyageurs en camping-car parce que ce mode de voyage a été redécouvert pour son effet de distanciation propice à limiter la propagation du Covid-19. Les ventes de camping-cars ont augmenté de 80% durant l’été 2020 en dépit de toutes les restrictions aux frontières. Mais dans les Pouilles, la saison estivale se termine quand même mi-septembre. Tous les campings sont fermés entre Mandfredonia et le cap sud (Santa Maria di Leuca). La conséquence est que tous les sites côtiers sur l’application park4night sont pris d’assaut par toutes sortes d’engins propices au camping.

Nous arrivons avant 16 heures, donc assez tôt, et un couple est déjà installé près de l’ancienne tour avec sa caravane (c’est en principe interdit hors structures en Italie). Nous nous plaçons un peu plus loin sur l’herbe entre la tour et une ruine en pensant que nous y serons tranquilles. La Torre Chianca donne le nom au village récent au nord de la tour de guet. Elle remonte au 16e siècle, quand Charles Quint avait voulait préserver le Salento des les raids turcs. Aujourd’hui, elle est partiellement effondré.

Notre Trafic à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Notre Trafic à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Mais le bal des camping-cars n’est pas encore terminé. Une femme vient à pied inspecter le site et nous nous demandons pourquoi. Elle retourne à la route principale et son mari vient alors à bord d’un grand camion poids-lourd aménagé et avec une mini sur une remorque. Ceux-là ne viennent pas nous gêner sur notre place herbeuse, le véhicule est beaucoup trop grand.

Un peu plus tard viennent des roumains avec un break Subaru et une tente de toit. Ils se placent d’abord en travers derrière notre camion, mais changent vite pour se mettre plus près de la ruine en cherchant vraiment à se distancer. On discute avec eux, ils profitent aussi de la basse saison pour faire un tour d’Europe mais sont coincés en Italie. Craignant à raison l’arrivée d’autres campeurs, nous prenons vite nos douches extérieures.

L’allemand qui vient juste après en Landrover Defender avec toit relevable fait vraiment honneur à la mauvaise réputation des teutons. Pendant tout un quart d’heure, il cherche à se placer pile poil devant nous en labourant le terrain très irrégulier avec son 4×4. Lorsqu’il semble installé à moins de deux mètres devant nous, André l’interpelle et lui fait remarquer que ce n’est pas la manière la plus noble pour se placer sur ce site. Il gesticule dans tous les sens et prétend que la nuit précédente il y avait cinq camions sur ce bout d’herbe tout en reconnaissant que nous avons bien placé notre Trafic. André a avant tout cherché un endroit plat. L’allemand fait encore des manœuvres qui n’arrangent pas la distance entre lui et nous ni sa situation gravement penchée. Il nous demande reculer un peu. C’est alors à André de s’énerver car à l’arrière la pente est plus marqué, même si cela ne se voit pas sur la photo. Il lui fait remarquer qu’il a un bon 4×4 est donc bien plus de possibilités le long de toute la côte que nous avec notre camion pas du tout tout-terrain. Il manœuvre une dernière fois avant de partir et se placer de l’autre côté de la tour ruinée. C’est une scène sans doute commune en haute saison, nous ne nous attendions pas à ça fin septembre. C’est le prix pour les voyageurs hors saison qui sortent de leurs parages.

Plus tard vient encore un vieux camping-car qui se place comme il peut, mais avec son épave, il ne peut pas monter sur le talus herbeux.

La côte de Torre Chianca. Photo © Alex Medwedeff

La côte de Torre Chianca. Photo © Alex Medwedeff

Pendant la soirée, nous profitons de la plage tant qu’il y a du soleil. La côte Adriatique est ici bien sûr orientée vers l’est, mais le terrain est très plat, il y a donc du soleil presque jusqu’à 18 heures. La mer ne se prête pas à la nage ici car des rochers à fleur de l’eau pavent le baie plate. Mais de toute manière, il fait trop frais pour ce genre d’exercice.

Alex à la Plage de Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Alex à la Plage de Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Notre Trafic au coucher de soleil à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Notre Trafic au coucher de soleil à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

La lune se lève à l’est, nous avons cette vue directement du camion. Pendant la nuit nous voyons des lumières au loin, il s’agit des phares et feux de la région de Vlorë en Albanie!

La lune se lève. Photo © Alex Medwedeff

La lune se lève. Photo © Alex Medwedeff

La lune se lève. Photo © André M. Winter

La lune se lève. Photo © André M. Winter

Nous nous réveillons vers 6h45 et André perçoit une lumière qui passe au bord des stores de nos baies et il ouvre la porte latérale. C’est juste le moment où le soleil se lève au-dessus de l’Albanie. On n’a que le portable à la main, mais on voit sur la photo du bas les contours de la côte albane.

Lever du soleil vu de notre Trafic à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Lever du soleil vu de notre Trafic à Torre Chianca. Photo © André M. Winter

Nous ne nous recouchons pas et nous profitions de l’heure précoce pour débuter la journée et pour arriver plus tôt à Lecce. En retirant les rideaux, nous voyons que d’autres voitures sont arrivés autour de nous, mais ces pêcheurs ont dû être très discrets. Il s’agit de trois petites voitures avec des remorques vides. Ils ont sans doute porté leurs embarcations à la mer.

La Chiesa Santa Maria d’Aurio

Nous savons que Lecce est la ville du baroque, nous nous sentons donc dans l’obligation de passer près d’une chapelle romane pour compenser l’overdose de pompeux baroque à attendre. La petite église date du 12e siècle. Elle est le plus ancien témoignage architectural du hameau médiéval d’Aurio, disparu entre le 15e et le 16e siècle. Le toponyme d’Aurio pourrait dériver du mot grec Layrìon, ou petit monastère. Laure était en fait appelée les cryptes souterraines où les Basiliens adoraient les saints. L’édifice ne se visite pas et il n’y a pas un petit trou pour voir l’intérieur est divisé en trois nefs par huit colonnes.

La Chiesa Santa Maria d'Aurio. Photo © André M. Winter

La Chiesa Santa Maria d’Aurio. Photo © André M. Winter

Bandes lombardes irrégulières de la Chiesa Santa Maria d'Aurio. Photo © André M. Winter

Bandes lombardes irrégulières de la Chiesa Santa Maria d’Aurio. Photo © André M. Winter

Lion-gardien à l'entrée de la Chiesa Santa Maria d'Aurio. Photo © André M. Winter

Lion-gardien à l’entrée de la Chiesa Santa Maria d’Aurio. Photo © André M. Winter

Chambre accolée à la Chiesa Santa Maria d'Aurio. Photo © André M. Winter

Chambre accolée à la Chiesa Santa Maria d’Aurio. Photo © André M. Winter

Nous venons le matin de Torre Chianca, c’est le trait rouge à gauche. Le petit crochet avant de rejoindre le centre de Lecce est le détour vers la chapelle Santa Maria d’Aurio. L’autre détour mène vers l’Abbaye Santa Maria a Cerrate, mais ce sera après la visite de la ville de Lecce.

Carte OpenStreetMap de la région de Lecce

Carte OpenStreetMap de la région de Lecce

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