Hope, Okanagan Valley et Revelstoke

Nous sortons de Vancouver sur le Highway 1. On croise le Fraser River large d’un kilomètre à cet endroit. Il sert encore de nos jours à faire dériver le bois abattu plus loin au nord. Avec la fonte des neiges, le fleuve remplit l’ensemble de sont lit. En quittant la ville, on arrive vite dans les montagnes et l’autoroute suit logiquement la vallée du Fraser. Les plaines alluvionnaires sont rares et utilisés pour l’agriculture. Nous sommes surpris que l’autoroute dispose d’une voie cyclable, cela pose quelques problèmes aux sorties et aux bretelles d’accès.

Nous bifurquons de la vallée du Fraser au village de Hope pour continuer vers l’est sur le Highway 3. Très vite, la route monte en direction d’un col. Après 20 kilomètres, nous avons notre premier point géologique à visiter: le Hope-Slide.

L’éboulement de Hope

Le 9 janvier 1965 a lieu le plus plus grand glissement de terrain au Canada à cette date. Il s’est produit dans la chaîne des Cascades et a tué quatre personnes en ensevelissant la route du col sur trois kilomètres. Le volume de roche impliqué dans le glissement de terrain a été estimé à 47 millions de mètres cubes. L’éboulement a complètement déplacé la glace et la boue avec une force incroyable, jetant les débris contre le côté opposé de la vallée, arrachant toute la végétation et les arbres jusqu’à la roche nue. La retenue de la rivière Sumalo River crée alors le lac Outram en contrebas. Le glissement de terrain a été causé par la présence de structures géologique préexistantes (failles et zones de cisaillement) dans le versant sud-ouest de Johnson Ridge. Les parties inférieures de la zone de rupture sont soutenues par de le felsite tandis que les parties supérieures de la zone de rupture sont soutenues par des lits de roches vertes paléozoïques fortement plissé. L’altération continue et l’activité tectonique ont affaibli la masse de la lame au point où elle avait atteint un équilibre limite. (Source: Wikipédia)

30 ans après l’éventement, le terrain semble encore fraîchement ravagé. On ne voit que très peu de végétation pionnière et très peu de sol s’est reconstitué.

La photo en bas montre aussi un de nous deux vans.

Le Hope Slide. Photo © André M. Winter

Le Hope Slide. Photo © André M. Winter

Passage vers le Okanagan Valley

Au col du Hope Slide, nous passons dans le Manning Provincial Park, un parc régional sur le modèle des parcs des États-Unis. On ne s’y occupe pas trop de la protection de la nature. L’infrastructure touristique est conséquente. Après le col Allison Pass (1352 m), la végétation change. Les arbres sont petits, maladifs et tout est sec. Nous entrons dans les premières vallées intra-montagneuses sèches comme on en trouve aussi dans les Alpes. Un autre col, le Sunday Summit (1283 m), nous mène à la ville de Princeton sur la rivière Similkameen. Tout semble désertique ici, il n’y a pas d’agriculture et uniquement le pastoralisme est pratiqué ici, mais il faut amener de l’eau même pour cette activité. Nous restons dans la vallée du Similkameen jusqu’à Keremeos. On traverse le Chuchuwayha Indian Reservat sur cette portion de route.

À Keremeos, nous découvrons un bon restaurant parmi les chaînes de fast-food. On y sert par exemple des bonnes soupes et des frittes faites de moitiés de pommes de terre. Il vaut vraiment la peine de chercher un peu pour éviter la mauvaise qualité.

Le Similkameen River franchit la frontière avec les États-Unis à Chopaka. Peu avant, on passe à gauche sur par le col Richter Pass (682 m) dans le Okanagan Valley. Dans la descente du col, il y a plusieurs points de vue dans cette grande vallée agricole de la Colombie-Britannique. La vallée est moins large que celle du Fraser, mais ici on profite de chaque bout de terre pour cultiver surtout des arbres fruitiers et de la vigne. Le climat est très profitable au pommier, on en fait l’Okanagan Cider. Le vin n’est pas trop à notre goût, nous préférons les rouges de Californie. Des grands ventilateurs installés entre les plantations remuent l’air au petit matin pour éviter le gel des fleurs au printemps. Les versants de la vallée sont des steppes sèches.

Highway 3 et le Skaha Lake. Photo © André M. Winter

Highway 3 et le Skaha Lake. Photo © André M. Winter

Notre groupe au point de vue sur le Skaha Lake. Photo © Gudrun Streicher

Notre groupe au point de vue sur le Skaha Lake. Photo © Gudrun Streicher

Étape à Penticton

La ville de Penticton se trouve entre le petit Lake Skaha et le grand Okanagan Lake. Le nom Penticton vient de “Pen Tak Tin” dans la langue des amérindiens Salish et signifie « place à laquelle on peut toujours rester ». Après 460 kilomètres de route, nous arrivons à notre point de chute au Bel Air Motel. Cette durée d’étape sera une moyenne pour les trois semaines qui suivent.

Notre motel est très classique: chambres à l’étage autour du parking et d’une piscine. Après l’installation dans les chambres, nous profitons de la piscine puisqu’il fait bien chaud. Nous découvrons alors deux grands barbecues à disposition des voyageurs. D’un commun accord, nous décidons de manger ici et de ne pas risquer une soirée gâchée dans un restaurant. Il y a une multitude de supermarchés tout prés, on pense que c’est facile de tout acheter. Mais le premier est en grève, au deuxième le système de payement est en panne etc. Nous devons cependant vraiment tout acheter: la viande, les légumes, les épices, les couverts et les assiettes jetables.

L’achat de produits alcooliques n’est pas aisé. Dans les supermarchés ne se trouve que du cidre et de la bière à 0,5%. Il faut aller au Liquor Store, nous sommes un peu choqués par les prix. Mais comme il n’y a pas d’alternative, on paye le prix fort sans regrets finalement.

Barbecue au Bel Air Motel à Penticton. Photo © André M. Winter

Barbecue au Bel Air Motel à Penticton. Photo © André M. Winter

Nous nous connaissions tous avant le départ, mais c’est ce genre d’évènement qui aide à passer beaucoup de temps ensemble.

Le matin du 14 juin 1996, nous nous levons assez tôt pour faire de la route. Mais comme nous avons omis d’acheter du pain, des céréales, des confitures, de la pâte à tartiner et du lait pour préparer nous-mêmes le petit déjeuner, nous sommes obligés de nous arrêter assez tôt dans un « family-restaurant ». La qualité est meilleure qu’à Vancouver, nous perdons cependant pas mal de temps et ne pouvons pas reprendre la route avant neuf heures.

Vers le nord dans l’Okanagan Valley

Demoiselles coiffées dans des dépôts lacustres. Photo © André M. Winter

Demoiselles coiffées dans des dépôts lacustres. Photo © André M. Winter

Nous continuons de  monter la vallée de l’Okanagan. Entre les vergers suivent plusieurs autres lacs: Osoyoos Lake, Skaha Lake, Okanagan Lake. Ce dernier est à lui seul long de 120 kilomètres. Au sud de ce lac se trouvent des dépôts lacustres d’une hauteur de 60 mètres. Les lacs formés par les glaciers devaient être beaucoup plus grands et profonds avant.

En montant vers le nord, il continue à faire chaud et la végétation naturelle reste maigre. Le tourisme prend pied parmi les vergers. Les températures agréables un ensoleillement de 2000 heures par an ont donnée le nom de Tessin du Canada à la vallée. Le climat est quand même continental, il fait très froid en hiver. La vallée semble anciennement peuplée et cultivée. Des amérindiens vivaient certes ici, mais les vrais transformations ont débuté en 1910 avec intensification des vergers.

Okanagan Lake. Photo © André M. Winter

Okanagan Lake. Photo © André M. Winter

Nous visitons l’énorme domaine viticole de Mission Hill Vineyards, mais leurs vins ne sont pas de notre goût. On a testé le vin à jeun, nous devons donc manger quelque chose. À la hauteur du Kalamalta Lake, nous achetons en gros tout ce qu’il faut pour un casse-croûte pour une vingtaine de personnes et nous déballons tout ça sur une aire de pique-nique.

En avançant vers le nord, la végétation redevient un peu plus verte, on ne gagne cependant pas beaucoup de hauteur. L’effet de steppe disparaît définitivement autour du Shushwap Lake. Une forêt assez saine couvre les versants de la vallée. Nous continuons en direction nord-est. La pause dans un café un peu sauvage à Malakwa nous permet d’étudier les bûcherons du lieu.

Fin d’étape à Revelstoke

Nous sommes contents d’arriver, mais l’hôtel n’est pas aussi luxurieux que les précédents. Une ligne de chemin de fer passe tout près des chambres et nous comptons les wagons: après deux locomotives suivent 40 wagons, deux autres locomotives et encore 40 autres wagons.

Nous  prenons les vans pour aller en ville, mais le centre est tellement petit que l’on aurait pu y aller à pied. Il y a deux restaurants italiens et comme nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord, une moitié du groupe honore l’un et l’autre groupe l’autre restaurant. Le style est le même: portions gigantesques, eau glacée et un peu chlorée, buffet de salade assez bien doté et toutes sortes de pâtes, tout à CDN5,-. Nous parlons avec quelques jeunes en ville, ils se plaignent que tout est ennuyeux dans cette ville et cette région.

Il nous reste de la bière de la veille, mais bien sûr pas en grande quantité. André et Martin se chargent de la distribution honnêtement subjective aux autres membres du groupe. Comme tout le monde est content de notre gestion, nous gardons la main sur les réserves de boissons alcoolisées du groupe jusqu’à la fin de l’excursion. C’est une tâche assez exigeante car elle concerne aussi le réapprovisionnement.

Téléphoner en Amérique dans les années 1990

Certains ressentent le besoin d’appeler au téléphone à la maison. On utilise pour cela en 1996 soit des cartes prépayés ou beaucoup de pièces de 25 cents (quarters) aux téléphones publics qui se trouvent aux coins des rues. Quand on appelle vers l’étranger, un opérateur intervient à l’autre bout de la ligne avant de pouvoir parler à l’interlocuteur voulu. Il s’agit surtout de fixer le prix à payer. Comme l’appareil n’a aucun affichage, le montant est dicté par l’opérateur. Il annonce 4 dollars pour commencer. Cela fait 16 pièces de 25 cents. La liaison est interrompue plusieurs fois, mais comme par miracle, on tombe sur le même opérateur qui sait aussi combien on a déjà payé. Avant de passer la ligne à l’interlocuteur voulu, il faut encore ajouter 16 quarters. Après l’appel, on raccroche, mais la communication n’est pas forcément terminée. Le téléphone de rue sonne. Un peu étonnée on décroche et on entend l’ancien opérateur qui dicte « one dollar is missing! ». Si on est honnête, on rajoute 4 quarters.

Les cartes prépayés ne sont pas à introduire dans l’appareil. Il faut taper une longue chaîne de chiffres qui identifie la carte et la langue. Si on se trompe, on peut atterrir chez un opérateur parlant chinois. Dans notre cas, il s’agit d’un nombre à 33 chiffres, le tout suivi du numéro à appeler, il y a de quoi se tromper donc.

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