Randonnée sur la Presqu’île de Portofino avec l’Abbazia di San Fruttuoso

Le mois de septembre ne présente pas la météo la plus stable, surtout dans le Golfe de Gênes. Notre jour de départ est fixé par les congés et nous voyons ce que nous pouvons faire ce premier jour plein. Nous voulions randonner à Cinque Terre, mais des gros nuages sont prévus dès la moitié de l’après-midi et c’est dans le coucher de soleil que les rochers et les villages sont les plus beaux. Nous optons donc pour la grande Presqu’île de Portofino un peu plus loin au nord.

Portofino est un peu le Saint-Tropez Italien, du moins dans les années 1980 ce nom résonne avec farniente, luxe et jetset. Le village se trouve abritée dans une crique donnant sur le grand Golfe de Tigullio au sud-est de la presqu’île. Des navires de plaisance de toute taille ancrent ici et ceci rappelle effectivement le Golfe de Saint Tropez, même si la baie est ici beaucoup plus ouverte.

Le Golfe de Tigullio. Photo © Alex Medwedeff

Le Golfe de Tigullio. Photo © Alex Medwedeff

Nous sommes samedi, la météo est annoncée bonne même si le ciel est encore couvert le matin et il y a logiquement pas mal de monde. Cela bouchonne surtout à Rapallo qui est la grande ville à la base de la presqu’île. André s’est renseigné pour garer le Trafic et il a opté pour une crête en hauteur bien avant le village de Portofino près de la Cappella Madonna della Neve sur la Via Marinai d’Italia. Il faut accéder par le cimetière de Santa Margherita puis monter raide vers le haut. Nous y trouvons effectivement beaucoup de places libres pour nous garer dont une bien près du début de la randonnée. Elle est malheureusement en plein soleil, ce qui gâtera le beurre.

La presqu’île est parcourue de chemins de tous genres, aussi pour le VTT, tout est balisé et des plans sont installés aux majeurs croisements. Il s’agit d’un terrain vallonée et par endroits accidentés, la côte maritime est particulièrement raide. Les crêtes dépassent les 400 mètres de hauteur. On ne peut donc pas marcher à travers champs, il faut rester sur les sentiers balisés qui suivent souvent d’anciens chemins. Ils ne vont pas toujours dans la direction que l’on désire et ainsi les tours peuvent devenir très longs. Avec le dénivelé et la chaleur, cela fatigue beaucoup. Nous avons prévu un tour trop long: Cappella della Neve, Abbaye de San Fruttuoso, phare de Portofino et retour à la chapelle. Cela fait plus de 18 kilomètres et dépasse sans doute les 1000 mètres de dénivelé. C’est surtout André qui en souffrira dès la remontée de l’abbaye et nous écourtons le tour qui affichera encore 13 kilomètres et plus de 800 mètres de dénivelé.

Nous prenons deux chemins différents à l’aller et au retour

De la Cappella Madonna della Neve à l’Abbazia di San Fruttuoso

On monte d’abord jusqu’à Il Frate puis nous suivons longuement une piste étroite jusqu’au Mulino del Gassetta. Cette piste dessert quelques champs et des huttes en partie habités. Elle n’est pas assez large pour des voitures normales, les habitants se déplacent en Piaggio Ape à trois roues ou en quads plus récents. Mais la piste reste toujours à la même hauteur et elles est bien ombragée.

La Cappella delle Gave et un Ape Cross Country. Photo © Alex Medwedeff

La Cappella delle Gave et un Ape Cross Country. Photo © Alex Medwedeff

Le Mulino del Gassetta n’est plus un moulin actif, on y trouve de nos jours une buvette et une petite aire de pique-nique libre. C’est pour nous l’occasion de faire une première pause. À partir d’ici que commence la montée vers le point culminant en passant par Casone, Crocetta et la Costa dei Ghidelli (440 mètres). Ce n’est pas la voie indiquée par les balises, mais nous voulons éviter la remontée de la pente très raide en amont de l’Abbazia di San Fruttuoso. On reste majoritairement à l’ombre de grands arbres. La végétation est très méditerranéenne.

Vue dans la Baie de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

Vue dans la Baie de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

Peu après le début de la descente finale vers l’abbaye, le chemin passe dans l’Agrirefugio Molini. Il s’agit d’un restaurant et d’un abri très simple pour randonneurs. Nous sommes désormais sur l’accès classique le plus rapide à l’Abbaye de San Fruttuoso qui part du nord. Nous sommes donc maintenant accompagné de plus de monde. La descente est raide et pénible. Le chemin est en partie dallé de pierres très irrégulières et on passe aussi sur de la roche dénudée et dans un ravin sec. Ici aussi, le chemin reste souvent à l’ombre.

Alex sur le chemin dans la vallon de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

Alex sur le chemin dans la vallon de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

L’Abbaye San Fruttuoso de Capodimonte

On finit par déboucher directement dans la cour arrière de l’abbaye et près de la Tour Doria. C’est d’ici que l’on a la meilleure vue d’en haut.

L'Abbazia di San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

L’Abbazia di San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

Cette complexe monastique remonte au 11e siècle. La façade maritime donne directement sur la plage de galets et rappelle les palais génois et vénitiens. L’ensemble est bien restauré. Durant cet été Covid-19, les visites sont limités et voyant la queue à l’entrée, nous nous contentons d’une visite extérieure de tous les points accessibles facilement.

La coupole de l'abbaye de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

La coupole de l’abbaye de San Fruttuoso. Photo © André M. Winter

Plage estivale devant l'Abbaye San Fruttuoso de Capodimonte. Photo © André M. Winter

Plage estivale devant l’Abbaye San Fruttuoso de Capodimonte. Photo © André M. Winter

Ce lieu religieux cohabite avec des visites incessantes de bateaux de plaisance et de ferrys qui charrient des masses d’estivants en maillots de bain et chaussures légères. Tout ce monde et ce va-et-vient génère un bruit incessant qui remonte dans la vallée et que l’on entend dès l’Agrirefugio Molini. C’est peut-être le point négatif du site.

Débarquement d'un bateau passager à la baie de San Fruttioso. Photo © André M. Winter

Débarquement d’un bateau passager à la baie de San Fruttioso. Photo © André M. Winter

Nous grimpons sur des rochers entre les embarcadères pour un casse-croute avec vue sur la mer et l’abbaye. Les passages entre l’embarcadère, la plage et l’abbaye sont étroits et réglementés en sens unique à chause du corona virus. Des agents en uniforme tentent en vain de diriger ces masses et de réglementer le nombre de gens présents sur la plage ou dans le petit passage à l’arrière de la plage. Nous attendons que les masses d’un ferry se soit écoulé et nous fuyons vers l’avant, c’est à dire retour le long de la côte en direction de Portofino.

Plage devant l'Abbaye San Fruttuoso et la Torre Doria. Photo © André M. Winter

Plage devant l’Abbaye San Fruttuoso et la Torre Doria. Photo © André M. Winter

De l’Abbazia di San Fruttuoso retour à la Cappella Madonna della Neve

La côte est très raide et très escarpé, il n’y aucun sentier en bord de mer et même le sentier en crête est parfois sans vue mer parce qu’il passe plus loin à l’arrière des terres. Le chemin passe derrière l’abbaye, mais ne remonte plus vers la Tour Doria. Il longe ensuite les quelques maisons de la baie et commence une remontée sans répit dans un vallon sombre. Il y a donc de l’ombre, mais l’air est ici chaud et il n’y a pas un brise de vent. On monte ainsi sur une crête de 275 mètres de haut doté d’un point de vue au nom curieux de Base Zero. On ne revoit plus vers l’abbaye, mais toute la côte du promontoire de Portofino est visible. On s’aperçoit ici aussi des hauteurs et du terrain accidenté qui nous occasionne encore du dénivelé.

Marches du chemin entre San Fruttuoso et Base Zero. Photo © André M. Winter

Marches du chemin entre San Fruttuoso et Base Zero. Photo © André M. Winter

La Base Zero n’est pas le point culminant du retour. Il se trouve dans la suite du chemin qui continue donc de monter, même si c’est moins raide maintenant, mais on perd aussi de la hauteur plusieurs fois. On croise le Valle Ruffinale à 285 mètres et par la suite nous restons sous cette hauteur.

Vue de la Base Zero sur la Punta Carega et le promontoire de Portofino. Photo © André M. Winter

Vue de la Base Zero sur la Punta Carega et le promontoire de Portofino. Photo © André M. Winter

Vue de la Base Zero vers la Punta Torretta. Photo © Alex Medwedeff

Vue de la Base Zero vers la Punta Torretta. Photo © Alex Medwedeff

André et Alex. Photo © Alex Medwedeff

André et Alex. Photo © Alex Medwedeff

On retrouve quelques maisons et champs à Prato. Nous voyons de la Costa della Pineta jusqu’au Cap de Portofino et nous réalisons la distance qui reste à l’attendre. C’est ici que nous décidons d’écourter le tour même si le retour au camion est jonché de plus d’une contre-montée. Sur la Costa della Pineta se trouve un robinet d’eau et nous y lavons nos têtes pour nous rafraichir un peu.

Nous prenons donc un autre chemin qui croise tous les vallons de l’aller. Il se trouve plus bas et il est moins stable en matière de hauteur. Des descentes raides sont suivies de remontés inopinées. On remonte d’abord vers Terrazzo et Acqua Viva. On descend vers le Mulino dell’Uva puis suivent encore d’autres descentes et remontées le long du tracé jusqu’à Il Frate. Nous retrouvons ici le chemin de l’aller.

Carte OpenTopoMap de San Fruttoso et Portofino

Carte OpenTopoMap de San Fruttoso et Portofino

En route pour Pise

Nous sommes de retour au camion vers 15 heures. Il est encore assez tôt pour faire une visite à un des village de Cinque Terre, mais d’une part nous sommes trop fatigués, d’autre part nous avons vu les nuages qui viennent de la mer et le ciel est de nouveau voilé entièrement comme le matin au départ. Nous rejoignons donc au plus vite l’autoroute pour avancer vers Pise. Nous visons un camping au sud de la ville près d’un lac où nous arrivons assez tôt pour passer encore quelque temps dehors et profiter du temps tiède autour du petit lac.

Le Camping Tamerici est vraiment dans un cadre agréable et géré par un personnel aimable. Bien que l’on soit loin de la ville et qu’il n’y ait pas grand monde, on peut même commander du pain frais le matin. Mais il y a aussi des points noirs: c’est le bruit même si l’on est en plein dans les champs. L’autoroute est toute proche, le train passe aussi dans le même axe et le camping se trouve dans la ligne d’accès à la piste de l’aéroport de Pise qui dessert toute la région de Florence et du nord de la Toscane. Dans le camion et avec des boules quiès, on dort bien, mais nous plaignons les personnes en tente.

Notre Trafic au Camping Lago Le Tamerici. Photo © André M. Winter

Notre Trafic au Camping Lago Le Tamerici. Photo © André M. Winter

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