La cathédrale de Speyer et la surprise du mikvé

Nous voyageons en camion aménagé et quand nous le pouvons, nous essayons de manger dehors. L’emplacement dans la forêt était trop sombre le matin, nous cherchons donc un petit parc en aval sur sur le Neckar pour notre petit déjeuner.

Les exonymes sont irritants, nous préférons les noms de lieux actuels. Les versions traduites anciennes font trop souvent référence à des périodes pas trop honorables. Nous visitons donc Speyer et pas Spire.

Première difficulté: il faut traverser le Rhin et donc changer de Land (région fédérale). D’une part, nous devons télécharger une nouvelle carte pour OSMAnd, d’autre part les crues de l’été ont gonflé les fleuves et certains ponts sont interdits. Il faut donc faire un zig-zag grandiose pour aller de Heidelberg à Speyer.

Le pont autoroutier sur le Rhin à la hauteur de Speyer. Photo © André M. Winter

Le pont autoroutier sur le Rhin à la hauteur de Speyer. Photo © André M. Winter

Nous ne recommençons pas la recherche plus ou moins inutile d’un parking gratuit et nous nous garons avec vue sur la cathédrale. Nous y sommes donc en quelques minutes.

La cathédrale vue du parking. Photo © André M. Winter

La cathédrale vue du parking. Photo © André M. Winter

La Cathédrale de Speyer

Pourquoi sommes nous ici? C’est un peu similaire à Heidelberg, sauf que cela touche au passé d’Alex. La famille de plusieurs amis habitaient dans la région et Speyer est une destination à visiter à proximité. Elle gardait les lignes pures de la Cathédrale de Speyer en bon souvenir. André préfère aussi le style roman à tous les autres, c’est donc une destination toute trouvée pour nous en 2021.

Or André est un peu irrité dans cette grande église. Ce ne sont pas les lignes pures de Silvacane, Sénanque ou du Thoronet. D’une part les grès employés sont multicolores, d’autre part plusieurs changements de culte, un grand feu et des guerres ont fortement atteint l’édifice. Il semble aujourd’hui presque trop rénové.

Voûtes de la nef de la cathédrale de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Voûtes de la nef de la cathédrale de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Le chœur de la cathédrale de Speyer. Photo © André M. Winter

Le chœur de la cathédrale de Speyer. Photo © André M. Winter

Cela compte aussi pour les tombes de régnants du 12e siècle dans la crypte. Elles sont uniformes et uniformément rangés comme fraîchement arrangées. C’est dû au pillage des troupes françaises de Louis XIV. Il n’est pas que lumière celui-là.

L’entrée à la crypte est payante, le reste se visite librement. Dans une partie séparée de la crypte se trouvent les sépultures de princes du 11e au 14e siècle. On trouve ici des princes souabes, de Bourgogne et des Habsbourg. Ces tombes ont aussi été pillées et détruites par les troupes royales françaises. Elle n’ont été reconstitués qu’au début du 20e siècle, d’où leur aspect simple.

Tombes dans la crypte de la cathédrale de Speyer. Photo © André M. Winter

Tombes dans la crypte de la cathédrale de Speyer. Photo © André M. Winter

Bord du grand vase devant la cathédrale. Photo © Alex Medwedeff

Bord du grand vase devant la cathédrale. Photo © Alex Medwedeff

Le centre-ville de Speyer se réduit à la rue principale Maximilianstrasse qui relie la cathédrale à la porte de ville Alt-Pörtel-Turm.

Sur la place principale de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Sur la place principale de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Ancienne synagogue et  son mikvé

La cathédrale est bien connue, mais nous sommes agréablement surpris par l’ancienne synagogue au sud de la rue principale. Il s’agit de l’exemple le plus complet d’une synagogue du 12e siècle. Le bain rituel et ce qui reste de la synagogue sont admirablement bien rénovés et le petit musé abrite quelques pièces rares de pierres tombales juives.

Nous visitons d’abord le mikvé profond de 11 mètres. C’est à cette profondeur que ce trouve la nappe phréatique. Ce bain rituel était nécessaire aux croyants juifs après plusieurs types d’actes dits impurs et il fallait s’immerger entièrement dans une eau dite vivante. On arrive d’abord dans un vestibule avec une cabine pour se dévêtir à gauche et un deuxième escalier qui descend à droite jusqu’à l’eau. Tout l’édifice est en style roman. L’évêque de l’époque avait soutenu l’établissement d’une communauté juive et l’architecte de la cathédrale chrétienne a aussi contribué à la synagogue.

Le mikvé de Speyer. Photo © André M. Winter

Le mikvé de Speyer. Photo © André M. Winter

Les murs extérieurs de la synagogue font aujourd’hui partie de maisons adjacentes. L’édifice religieux a été détruit plusieurs fois et a servi à divers utilisations.

Une façade restante de l'ancienne synagogue de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Une façade restante de l’ancienne synagogue de Speyer. Photo © Alex Medwedeff

Le musée contient surtout des pierres tombales juives, des parties fenêtres de la synagogue et et quelques ustensiles trouvés lors de fouilles. On obtient à l’entrée un fascicule en français et les panneaux sont en général aussi en français. Une semaine après notre passage, le site a été ajouté à la liste du Patrimoine mondial de l’humanité.

Nous retournons au parking en passant dans le quartier historique au bord du canal formé par une rivière déplacée au Moyen-Âge.

Déjeuner au bord du Rhin

Midi est largement passé quand nous sortons de la ville. Nous voulons rejoindre les rives du Rhin pour un casse-croûte tardif, mais on ne peut pas l’approcher à cause des crues. Nous nous plaçons donc sur un pré et découvrons un nid de cigognes avec des jeunes qui supplient leur parents de les nourrir.

Château Neuenbürg

Nous devons rejoindre des amis plus loin au sud, mais nous évitions les bouchons sur les autoroutes allemandes autour de Pforzheim.

On longe ainsi la rivière Enz qui forme des méandres qui s’enfoncent dans le massif de de la Forêt Noire. Sur un grand méandre est positionnée la petite ville industrielle de Neuenbürg. Sur le sommet au centre du méandre se trouve un château.

La ruine appelée château arrière forme la partie bien médiévale, c’est un bâtiment à base carrée entouré d’un mur massif. Une tour flanquant ce mur extérieur est encore debout, mais l’escalier en colimaçon manque.

Derrière ces vieux murs se trouve un grand verger et au fond nous voyons la partie récente du château qui lui donne le nom de Neuenbürg, cela signifie nouveau château. Aujourd’hui s’y trouve un hôtel-restaurant.

Nous reprenons la route a travers l’étendue vallonnée de la Forêt Noire. On passe plusieurs cols, les villages se trouvant en général au fond des vallées.

Hirschau

Nous finissons la journée à l’étang de carrière de Hirschau, c’est au sud de Tübingen. Le rafraîchissement est le bien venu, il fait bien chaud aujourd’hui.

No Comments

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.