La ville de Hildesheim aux églises originales

En roulant tranquillement, il faut environ deux heures pour relier Duderstadt à Hildesheim. L’arrivée dans la ville par le sud est rendu chaotique par divers travaux routiers. André n’arrive donc pas à rejoindre un des parkings qu’il avait prévu. Il se retrouve par hasard dans la Renatastraße au sud de l’ancien centre-ville et du fossé du rempart qui reste ici des défenses médiévales. Ici se trouvent des places de parking en épi gratuites. C’est idéal pour explorer la ville.

Rempart Kehrwiederwall

Ce rempart et son fossé forment un grand parc sillonné de divers chemins. En 2022, les accès sont barrés pour des raisons non communiquées, mais on y passe quand même. Il faut y descendre, se tenir à gauche et remonter à la première occasion pour rejoindre la tour médiévale Kehrwiederturm. Le nom est assez sympathique car il signifie Tour du Retour.

Le quartier autour du Kehrwiederturm est ancien avec des maisons à colombages, cela est aussi souligné par le nom allemand: Fachwerkviertel.

Maisons à colombages au sud du centre de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Maisons à colombages du Fachwerksviertel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Fachwerkviertel au sud du centre de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Centre de formation hospitalière St. Bernward. Photo © André M. Winter

Maisons à colombages du Fachwerksviertel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Mémorial de la Synagogue de Hildesheim

En se tenant deux fois à gauche après être passé sous la tour, on arrive sur une place triangulaire avec un monument cubique au centre. Ce monument se trouve à l’emplacement de la Synagogue du Lappenberg détruite par le pogrome orchestré par les nazis officiels de la Schutzstaffel (SS) dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. Cette date ne manque pas d’ironie, car c’est 24 heures après que toutes les autres synagogues d’Allemagne et de l’Autriche annexée sont en feu et détruites.

Synagogue du Lappenberg avant 1910

Synagogue du Lappenberg avant 1910

Le mémorial se dresse là où se trouvait le centre de la salle principale octogonale. La forme de base est un cuboïde en calcaire rougeâtre dense des environs de Vérone. La base est en bronze. Des étoiles de David sont incrustées sur les quatre côtés du cuboïde, celle du côté ouest est également en bronze, les autres sont en différents types de marbre. Chaque côté a son propre thème.

Le côté est traite de l’élection du peuple, le côté nord du culte, le côté sud de la loi du peuple juif, le côté ouest de sa persécution et de la Shoah. Cette dernière montre aussi l’ancienne synagogue en feu. Une miniature de la ville de Jérusalem, portée par quatre lions, se dresse comme une sculpture en bronze sur le cuboïde.

Au sud du mémorial se trouve le Neues Tor (Porte Neuve), un véritable tunnel sous Kehrwiederwall. Au sud débute sans transition la ville récente.

Porte Neues Tour dans les remparts sud de Hildesheim. Photo © André M. Winter

L’Allemagne souffre aussi du populisme d’extrême droite. Les gens s’y opposent avec des autocollants comme celui-ci en bas à gauche.

La maison de sœurs n’est pas très accueillante.

Avant le tunnel, on peut encore monter à droite sur le Kehrwiederwall. Cela permet d’avoir une bonne vue sur la Basilique St. Godehard. Nous revenons ensuite vers le nord et nous tournons encore deux fois à gauche pour nous trouver devant cette grande église médiévale.

Basilique Saint Godehard de Hildesheim

L’église Saint-Gothard (St. Godehard Kirche ou Basilika St. Godehard) est une église romane qui était anciennement l’église d’une abbaye bénédictine. C’est actuellement une basilique mineure qui a conservé presque entièrement sa forme originale. L’église est dédicacée à Gothard, canonisé en 1131, qui était évêque d’Hildesheim (1130-1153). La première pierre est posée en 1133. La date de 1172 est communément admise comme étant la date de fin des travaux. L’église est consacrée au cours de l’épiscopat de l’évêque Adelog (1171-1190). Les tours ne sont terminées que dans la première moitié du 13e siècle. De 1504 à 1512, des travaux portent sur le chœur principal. Les tours occidentales sont reconstruites et le clocher de la croisée est restauré jusqu’au début du 18e siècle. Source: Wikipédia.

Le chandelier d’Azelin de l’église St. Godehard de Hildesheim. Photo © André M. Winter

L’église St. Godehard à Hildesheim. Photo © André M. Winter

Cathédrale Sainte-Marie de Hildesheim

Cette grande église impressionne surtout par sa grande façade occidentale.

La cathédrale Sainte-Marie de l’Ascension (Kathedrale Mariä Himmelfahrt) de Hildesheim est construite à partir de 872. Presque entièrement détruite durant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite dans les années 1950 dans son style roman d’origine. La cour entourant encore aujourd’hui la cathédrale souligne le plan bernardin de cette cathédrale fortifiée. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la cathédrale est presque entièrement détruite et reconstruite entre 1950 et 1960. On ne reproduit pas les transformations baroques qu’avait connues l’édifice au 18e siècle, préférant revenir à l’architecture romane primitive. Les murs et le trésor sont inscrits à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985. Source: Wikipédia.

Face nord et transept de la Cathédrale de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Dans le caveau des évêques de la Cathédrale de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Châsse de Godehard de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Cloître de la Cathédrale de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Au centre du cloître se trouve une grande chapelle gothique qui ferait belle figure quelque part dans un pré à la campagne, mais ici elle gêne grandement le cadre du cloître roman.

 

Nous continuons en direction nord pour rejoindre l’église la plus impressionnante de la ville à nos yeux.

Église Saint-Michel de Hildesheim

Les noms allemands sont Michaeliskirche ou St. Michaelis. Cette église à un plan très original et ressemble de loin à une mosquée avec ses quatre tourelles et sa nef centrale. L’originalité continue à l’intérieur avec deux transepts et deux cœurs qui se font face.

Façade sud de l’église Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Le cœur ouest de Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Sa pierre de consécration indique la date de début de construction de l’église: 1010. Depuis 1542 l’église sert pour le culte luthérien (Église évangélique luthérienne du Pays de Hanovre), mais la crypte est réservée au culte catholique (Diocèse d’Hildesheim), faisant Saint-Michel une des églises simultanées en Allemagne. L’église se rattache à l’art roman du début du 11e siècle, avec des particularités de l’art carolingien ou de son successeur, l’art ottonien, d’où le plan roman-rhénan avec des tours absidiales et un double transept. La bipolarisation des édifices apparaît avec l’architecture carolingienne, à la fin du 8e siècle, par la cathédrale de Cologne. Les deux transepts disposés face à face, l’un à l’est, l’autre à l’ouest, figurent dans une parfaite symétrie et d’égales proportions grâce à l’apport ottonien. Source: Wikipédia.

Colonnes, chapiteaux et figures du bas-côté de St. Michaelis. Photo © André M. Winter

Colonnes et chapiteaux du bas-côté de St. Michaelis. Photo © André M. Winter

La nef à trois vaisseaux est divisée en trois travées, elles-mêmes subdivisées en trois arcades. Les supports y sont alternés dans un rythme complexe: une pile quadrangulaire pour deux colonnes. Les collatéraux sont très larges, et les entrées se font sur le côté de la nef. L’église est le premier exemple de croisée régulière de plan carré. On en compte deux de par la présence de deux transepts. Ces croisées sont donc de plan carré à piles cruciformes, et ouverte sur des arcs diaphragmes. Seule une croisée a été conservée. Des escaliers à vis placés aux extrémités des bras des transepts, dans des tourelles extérieures polygonales, donnent accès à l’élévation. Source: Wikipédia.

Barrière du chœur nord de Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Barrière du chœur sud de Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Retable de Saint Jean-Baptiste dans l’église Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

On constate également un développement de la crypte-halle de plain-pied avec la nef: autel dédié à la Vierge et à tous les Saints, la salle centrale est subdivisée par huit colonnes. De grosses piles maçonnées délimitent le déambulatoire. L’accès à la crypte se fait par deux entrées latérales, au nord et au sud. De petites niches régulières sont formées dans les murs du déambulatoire. Des salles annexes sont visibles dans l’élévation. Le chœur occidental est plus développé, par une grande abside à l’ouest, en opposition avec une abside pourvue de deux absides latérales à l’est. Source: Wikipédia.

Tombe de Bernward dans la crypte de Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Mosaïque dans la crypte de Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

Cette église a soufferte comme les deux précédentes des bombardements libérateurs de l’aviation britannique. Ainsi, il ne reste malheureusement plus grand chose du cloître, on en voit les restes en avançant dans la cour au nord-est de l’édifice religieux.

L’église Saint-Michel de Hildesheim. Photo © André M. Winter

L’édifice apparaît sur une pièce commémorative de 2 euros émise en 2014 par l’Allemagne et sur un timbre allemand de 1960.

Nous nous dirigeons désormais vers l’est et le centre-ville ancien.

L’oriel de type Renaissance a été construit vers 1590. Il se trouvait sur une maison de la Pelizaeusplatz plus loin à l’est. Lorsqu’elle a été démolie en 1893, l’oriel a été déplacé vers un nouveau bâtiment et intégré plus tard à l’école de Alter Markt (ancienne place de marché).

On passe l’église St. Andreas sur la place éponyme, elle est cependant fermée pour un concert lors de notre passage.

La place du marché de Hildesheim

La place centrale du marché (Markt) est le joyau de la ville. Malheureusement, on y installe une scène mobile quand nous y arrivons et cela cache surtout la façade très structurée de la maison Wedekindhaus qui abrite la caisse d’épargne (Sparkasse) au nord de la place. Hormis la banque et la mairie, les maisons abritent aujourd’hui principalement des cafés et des restaurants.

la Maison Wedekind (Wedekindhaus) de 1598 a une façade en bois très structurée. À l’intérieur se trouve aujourd’hui une banque et l’intérieur du rez-de-chaussée est entièrement moderne.

Wedekindhaus de 1598 à Hildesheim. Photo © André M. Winter

La Maison du Temple (Tempelhaus) du 14e siècle au sud de la place dispose d’un oriel de type Renaissance de 1591. Plusieurs familles de dirigeantes de la ville ont résidé ici. Le nom populaire laisse sous-entendre un lieu de culte de la communauté juive, mais ceux-ci n’ont résidés que plus loin dans la Judengasse adjacente. L’oriel richement décoré avait été complètement démonté avant les bombardements de la place le 22 mars 1945.

La place du marché qui est une des plus belles de toute l’Allemagne. Elle est détruite le 22 mars 1945 et reconstruite selon l’original de 1984 à 1989. La Maison de la Corporation des Bouchers (Knochenhauer-Amtshaus) est une maison à colombages datant de 1529 avec des décorations peintes dans le style renaissance sous un très haut toit pointu. La Maison de la Corporation des Boulangers (Bäckeramtshaus) est plus petite et à gauche de la première, elle date de 1825. Source: Wikipédia.

À l’est se trouve l’Hôtel de Ville (Rathaus) construit entre 1268 et 1290.

André revient par le passage sous le Kehrwiederturm et le fossé du rempart à la voiture pour reprendre la route en direction de Brême. Ayant besoin d’une pause pour un déjeuner, André ne prend pas tout de suite l’autoroute et cherche une place tranquille près d’un des lacs dans la région de Gleidingen. La sortie de Hildesheim par le nord est rendue compliquée par des passages à niveau à répétition.

Sur l’autoroute A7 en passant Hanovre. Photo © André M. Winter

Par la suite, c’est de nouveau l’autoroute A7 vers le nord. À l’est de cette route se trouve le lieu honteux de Bergen-Belsen.

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