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L’Étang de Lavalduc et le site archéologique de St. Blaise

Nous étions en  2019 la première fois au bord de l’Étang de Lavalduc. Nous y retournons maintenant, en mai 2023, avec notre ami qui nous accompagne depuis quelques jours dans l’exploration de cette partie de Provence. Cette fois-ci, nous prenons garde de venir quand le site et le pavillon d’accueil sont ouverts. Nous faisons ce genre d’excursion pour fournir matière à notre site provençal. Toutes les informations pour l’accès au site sont donnée sur la page Le site archéologique de St. Blaise.

Nous profitons d’abord du Pavillon Henri Rolland fraîchement ouvert pour nous informer sur le site. C’est nécessaire car sur place, les informations sont rares. On apprend la formation des cuvettes formant les lacs appelés faussement étangs ici. Un volet couvre aussi les habitants du site dont les mythiques Ségobriges. Ce peuple celto-ligure vivait dans la région avant l’arrivée des grecs à Marseille.

On est en pays calcaire.

L’Étang de Lavalduc est omniprésent. Sa couleur rose provient de crustacés qui sont les rares êtres vivants à pouvoir survivre dans le fort taux de salinité. Ce sel provient de dépôts naturels dans les Alpes près de Manosque. On y a délavé le sel pour pour y stocker du gaz naturel. Le taux de sel atteint ici des records qui tuent parfois même ces crusacés.

L’étang de Lavalduc coloré en rose par la saumure. Photo © André M. Winter

La couleur rose n’est pas toujours bien visible. Un jour couvert comme celui-ci rend la couleur assez bien.

Avant de pouvoir entrer dans le site archéologique, on passe près de la chapelle St. Blaise. Elle fait aussi partie de l’histoire du site car c’est le dernier volet de l’habitation de ce bout de terre. La village a disparu en 1390, la chapelle est resté comme prieuré isolé dans la campagne jusqu’à nos jours.

Une autre construction, sans doute du 9e siècle, la précédait. Les murs de base se trouvent directement devant la chapelle actuelle.

La chapelle St. Blaise et les murs du bâtiment précédent. Photo © André M. Winter
Calade ancienne devant la chapelle St. Blaise. Photo © bjodec

Un ermitage était attaché à la chapelle vers le 15e siècle.

Construction latérale à la chapelle St. Blaise. Photo © bjodec

Nous voilà enfin devant l’entrée unique aux fouilles de St. Blaise. Cette porte es ouverte aux mêmes heures que le pavillon plus bas.

Accès au site archéologique de St. Blaise début 2023. Photo © André M. Winter

On reconnaît à plusieurs endroits au moins trois types de murs. Les blocs proprement taillées datent de l’ère grecque, donc du 2e siècle avant notre ère. Les murs plus hauts sont antérieurs et donc « gaulois », ceux plus bas sont postérieurs, ils sont construit jusqu’au début du Moyen-Âge.

L’enceinte hellénistique et paléochrétienne de la ville basse de St. Blaise. Photo © bjodec

On trouve cependant aussi des cabanes de type borie sur le site. Celles-ci ne sont pas plus vieilles que 100 ans.

Certaines parties de la muraille grecque sont encore Impressionnantes. Elles sont 2200 ans. Cepandant la muraille derrière est encore plus ancienne, celle-ci a 2600 ans.

Mur grec à gauche de la porte de la ville basse du site de Saint Blaise. Photo © bjodec
Porte de la ville basse du site de Saint Blaise. Photo © bjodec

Derrière ces murs se trouve le village bas. Les bases de maison reconnaissables ici datent d’avant 1390. Mais le site était occupé au moins de depuis le 2e siècle avant notre ère.

La ville basse du site de St. Blaise. Photo © bjodec

De la ville basse, on peut monter tout en haut de la colline. Le sommet et plat et il était sûrement aussi construit, mais il n’en reste aucune trace. Depuis le feu de l’été 2020, la vue est bien ouverte sur l’Étang de Lavalduc. En bas on voit le chemin qui était jadis en pleine foret. On y passait en 2019.

Le Lac de Lavalduc vu du Plateau de la ville haute du site de St. Blaise. Photo © André M. Winter

Dans la partie sud de la colline se trouvent aussi des restes de la ville haute. Cette partie semble avoir été habite que jusqu’à la fin du 2e siècle avant notre ère quand les Romains rasent le site.

Au centre de cette ville haute se trouve ce puits à la section rectangulaire. Il semble être assez profond pour rejoindre le niveau historique des étangs autour.

Puits rectangulaire dans la partie sud de la ville haute du site de St. Blaise. Photo © André M. Winter

Nous redescendons vers le mur hellénistique qui fait le tour de l’éperon au sud et à l’est.

Mur hellénistique du saillant sud de l’oppidum de Saint-Blaise. Photo © bjodec
Saillant sud de l’oppidum de Saint-Blaise. Photo © André M. Winter

Tout au sud on voit sur l’industrie pétrolière de Fos-sur-Mer. On n’y voit pas encore de déclin, nous ne sommes pas sorties de l’ère des énergies fossiles.

Mur hellénistique du saillant sud de l’oppidum de Saint-Blaise et le Lac de Lavalduc. Photo © bjodec

Plus loin devant à gauche, on voit vers des tombes rupestres du 4e siècle de notre ère.

Nous commençons donc le retour vers l’entrée en longeant la courtine grecque côté est.

Quelques frises un peu plus finement taillés sont les seuls vrais décors restants.

On revient vers la ville basse pour sortir du site archéologique.

On laisse la voiture au parking et on entame une descente vers le bord de l’Étang de Lavalduc. Nous espérons trouver un passage direct grâce aux feux de forêt.

Alex et André recherchent un accès direct aux rivage du Lac de Lavalduc. Photo © bjodec

Cependant, les passages sont difficiles. Des chemins pourrait être crées, mais trop peu de gens passent ici. C’est très limite en short et en t-shirt.

Mais nous arrivons quand même en bas. Nous sommes surpris de la situation complètement changée depuis 2019. Le niveau d’eau du lac de saumure change suivant les besoin de l’industrie et les dépôts sont complètement différents. Moins massifs, mais couvrant mieux les objets et le rivage.

On voit cependant encore les anciens blocs de sel qui restent protégés des eaux de pluie sous les gros rochers.

Ces couleurs et ce sel sont extraordinaires. Nous savons cependant que ce n’est pas naturel et que c’est en même temps une catastrophe écologique car l’étanchéité de la cuve calcaire est un mythe largement répété par l’exploitant-propriétaire des Salins du Midi. Les rivages et le sol du lac sont composé de calcaire. Le calcaire n’est jamais étanche par définition. Tout ceci n’engendre pas de contamination de la nape phréatique parce que le lac se situe à -10 mètres sous le niveau de la mer et parce que la mer est très proche. Le sel dissout dans l’eau diffuse donc à travers la roche vers la mer. Ce ne serait pas un problème en soi, parce que la Mer Méditerranée est aussi très salée. Cependant les sels du Lac de Lavalduc sont industriels: les saumures servent aussi à nettoyer les conduites de gaz entre Fos et Manosque. Après, cette saumure revient vers l’Étang de Lavalduc, souillée par les hydrocarbures des gazoducs.

L’eau rose de saumure et du sel cristallisé sur le rivage de l’étang de Lavalduc. Photo © Alex Medwedeff
L’eau rose de saumure et du sel cristallisé sur le rivage de l’étang de Lavalduc. Photo © André M. Winter

On tenterai bien de s’y baigner car le taux de salinité est supérieure à celui de la Mer Morte. On y flotterait bel et bien. Cependant, cette souillure aux hydrocarbures nous laisse reculer devant cette tentative. Curieusement, il n’y a aucune interdiction autour du plan d’eau salé.

L’eau rose de saumure et du sel cristallisé de l’étang de Lavalduc. Photo © bjodec

Certaines zones du rivage sont composés de glaise brune foncée couverte de sel blanc et de polen jaune devant le fond d’eau rose. Les couleurs sont toutes très loin d’un lac des Alpes.

La vie est très changeante ici. Le pavot des sables peut fleurir alors que les plantes plus durables meurent avec le changement du niveau de l’eau

Au sol restent des racines rampantes mortes.

Plantes mortes au bord de l’étang de Lavalduc. Photo © bjodec

Nous arrivons devant une station de dépotage de bisulfite de soude. Comme précisé plus haut, l’Étang de Lavalduc et l’Étang d’Engrenier plus loin au sud sont des réservoirs naturels utilisés à des fins industrielles. Cette installation a l’air récente, mais le tout a un air de tiers monde.

Tuyau d’aspiration de l’eau du Lac de Lavalduc par la station de dépotage de bisulfite de sodium. Photo © bjodec
Station de dépotage de bisulfite de soude à l’étang de Lavalduc. Photo © bjodec

On remonte vers le niveau supérieur du canal. En partant entre les deux étangs, c’est plus facile, il ne faut pas se frayer un chemin dans la garrigue.

Le canal n’est plus en fonction, mais par endroit, il y coule encore de l’eau

Les chemins ici ne sont pas entretenus. Il faut se faufiler dans les arbres qui tombent encore après le feu de 2020.

Mais la plus part du temps, le chemin est bien aisé. C’est vraiment surprenant que si peu de personnes descendent ici. Pourtant beaucoup visitent le site de St. Blaise.

Sur le chemin au bord du Canal de Martigues. Photo © André M. Winter

Le feu dévoile des pêchés d’antan quand on jetait simplement les voitures dans un fossé. Pour arriver ici, cette carcasse devait traverser tout le plateau au sud du site de St. Blaise.

Nous rentrons en fin de journée au camping à Saint-Étienne-du-Grès. On passe un vieil aqueduc, mais on a la flemme de l’inspecter. Peu de temps après, un orage éclate, mais en arrivant les derniers rayons de soleil se montreront pour la journée.

Aqueduc en ruine au nord du Lac de Lavalduc. Photo © bjodec
Pluie sur la N113 vers Arles. Photo © André M. Winter

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