La ville historique de Crémone se trouve au bord du Pô en plein milieu de l’énorme Plaine du Pô. L’autoroute que nous empruntons depuis les années 1980 passe tout près. Alex et André s’y sont arrêtés la première fois en mai 1999 lors de leur premier tour à deux en direction de la Provence. À l’époque, le camping était plus en bordure du Pô. Ce site est fermé et en 2023, un nouveau camping est ouvert derrière la digue et un peu plus près de la ville. On était aussi une autre fois ici, c’était en février 2015, l’ancien camping était fermé et on logeait juste en face dans un bois par une nuit glaciale dans notre Trafic aménagé.
Nous arrivons donc le soir du 21 mai 2023 au nouveau camping. Il est un peu stressant d’entrer dans le carré grillagé car tout s’y veut automatisé. Il faut se garer dans un rectangle peint au sol pour la reconnaissance ou le premier enregistrement automatique du véhicule. Or, ce rectangle n’est presque plus visible et sans y être garé précisément, on n’entre pas. Alors on sonne et rien ne se passe. D’autres clients dans le camping nous indiquent alors comment entrer. Mais l’automatisation défaillante ne s’arrête pas là car on forme un cas imprévu: On a un petit camping-car et on dort dedans mais on a aussi une tente où dort une troisième personne. On tripote l’automate dans tous les sens, mais il refuse notre entrée d’un véhicule et d’une tente en même temps. Il faut alors l’aide d’un agent sur place « parce que le système ne fonctionne pas tout le temps », dit-il.
Enfin, on a une place sur l’herbe fraîche. Ce n’est pas aussi charmant que la place sous les grands arbres en bordure du Pô, mais ici, on a au moins la possibilité de se mettre aussi au soleil car il aussi plu toute la journée ici et le soleil ne se montre que depuis peu. Il fait donc frais.

On voit la ville au loin. Nous en sommes quand même loin. Demain, on s’y rendra en voiture. On ne reste de toute manière que cette nuit du 21 au 22 mai 2023.
Nostalgiques, Alex et André se rendent à pied au bord du Pô. Le fleuve n’est pas beau ici. Grossi par les fortes pluies, il charrie toutes sortes de bois et de saletés. Mais c’est une artère importante pour l’agriculture dans toute la Plaine du Pô. Sans son eau, il n’y aurait pas de riz en Italie, pas de jambon à Parme et pas de pâtes produites par Barilla.

Nous ne savons pas si cette digue existait en 1999. L’ancien camping était en tout cas derrière sous les arbres à droite. Le site existe toujours, mais il est rempli de cabanes et de huttes. Cela ressemble maintenant à un camp pour jeunes en été.

Visite du centre de Crémone
Nous quittons le camping et nous nous rendons avec le Trafic à Crémone car c’est trop loin à pied et on veut de toute manière continuer par la suite. Nous nous garons aux parkings autour de l’Arena Giardino.
Dans ces parages, il restent des ruines industrielles mais il y a aussi des ruines sur les artères principales menant vers le centre-ville.
L’Art Nouveau s’appelle Liberty en italien, mais le style ne correspond pas tout à fait à l’Art Nouveau de France, de Belgique ou d’Autriche (ou le style architectural s’appelle Jugendstil). Il y a dans le Liberty les mêmes formes rondes, mais les traits généraux sont plus géométriques et quelque peu héroïsants. Est-ce dû au passé antique romain d’Italie?
Plus loin dans le centre ancien, sur le chemin vers la place centrale Piazza del Comune, on retrouve le style médiéval en briques connu dans toutes les villes du nord de l’Italie. L’immeuble récent à gauche dans la photo en bas à droite est en tout cas aussi très typique. Cela ressemble à un bâtiment de l’époque fasciste neutralisé dans les années 1970 et rénové depuis peu.
Nous passons dans le passage à droite. Il s’agit de l’hôtel de ville historique et actuel. De tels immeubles se trouvent souvent dans les villes italiennes, ils sont souvent sombres. Les fresques sont cependant surprenantes.
Les couleurs rouge et blanc se retrouvent dans les armoiries de la Province de Crémone, mais pas dans celles de la ville.
Très logiquement, quand on traverse le Cortile Frederico II du Palazzo Communale di Cremona, on arrive devant le Cattedrale di Santa Maria Assunta, le Dôme de Crémone.
Nous visons dès le départ le Torrazzo à gauche.

Mais tôt le matin, cette place est encore bien vide.
Le clocher de la Cathédrale de Crémone, il Torrazzo, est le point le plus haut de la ville avec 112 mètres. La visite libre débute à 10 heures tous les jours de l’année. Entrée EUR5.- pour 502 marches à gravir. Il n’y a pas d’assesseur!
À gauche de l’église se trouve le baptistère distinct de l’église comme on le trouve aussi par exemple à Florence. Il est bien sûr plus petit ici, mais cela lui donne une forme plus élancée vers le haut. Il n’est malheureusement pas ouvert ce 22 mai 2023. L’intérieur est en briques nues.
La loggia dei Militi est construite en 1292 et c’était le siège de la milice citadine. La Società dei Militi était une association qui existait bien avant la construction de cet édifice et dont faisaient partie les habitants les plus riches et les plus éminents de la ville et de son territoire. Outre les réunions de la société, le bâtiment servait à conserver les bannières, les statuts et autres objets de l’association.
À droite la façade principale du palais communal. Elle est bien au soleil le matin.
Le Palais Communal a été construit en 1206. Il se dresse à l’emplacement d’un édifice déjà existant, sous la forme architecturale typique du broletto lombard, qui est ensuite agrandi et remodelé à plusieurs reprises au cours des siècles.

Le Torrazzo a une entrée dédiée car la tour est détachée de l’église comme le baptistère.

On monte par paliers. Il y a 502 marches à monter et c’est bien que nous sommes le matin car ainsi il fait encore frais dans le grand clocher.

La montée se fait d’abord par un escalier qui monte dans les gros murs des bas étages. Au divers paliers se trouvent quelques expositions. Les panneaux principaux concernent bien sûr l’horloge.
Commençant par le bas, on voit d’abord les poids de l’horloge. Plus haut se trouve le système encore en fonction de nos jours.
On expose aussi d’autres chronomètres.
Au-dessus de l’horloge se trouvent les cloches. C’est assez rare pour être remarqué ici: les visiteurs peuvent monter au-dessus des cloches. L’ascension n’est pas encore terminée ici.
On monte aussi au-dessus des tourelles latérales.
La dernière partie se fait sur un escalier en colimaçon un peu branlant. On monte dans une coupole sur la base orthogonale de l’étage intermédiaire et on se retrouve en haut dans une autre chambre octogonale un peu plus petite. On voit cependant aussi très bien de la chambre basse.
La vue du dernier étage accessible est de 360 degrés théoriques car le huit côtés de la chambre sommitale octogonale sont grillagés. Il y certes la place pour glisser un objectif ou un portable, mais l’effet est un peu handicapé par ces précautions sans doute nécessaires.
Nous retrouvons des bâtiments connus comme le Palais de la Commune ou la cathédrale que nous visiterons juste après.
On revoit d’en haut le baptistère bien élancé.
En regardant vers l’est. on voit que la ville s’arrête assez vite pour laisser place aux champs de la Plaine du Pô.
En 1999, on avait simplement fait un tour en voiture dans la ville de Crémone. En 2015, notre excursion était plus étendue. C’était très spécial, il y a avait de la brume dans toute la plaine et en rejoignant le centre-ville, nous remarquons qu’il est épargné par la brume. En effet, la ville est construite sur une élévation imperceptible et ceci change tout. On monte aussi au clocher et la vue en est incroyable.
Nous insérons ces photos ici car ce voyage de deux semaines en février 2015 n’est pas (encore) décrit sur ce blog.


Nous nous arrachons du bon point de vue. Il faut bien sûr redescendre toutes les 502 marches. Il y aurait largement de la place pour installer un ascenseur…
En sortant du clocher, on entre directement dans l’église juste à côté. Les bâtiments sont distincts historiquement, de nos jours, une galerie les relie tous les deux.
La cathédrale contient beaucoup de symboles cachés comme ces prophètes dans l’entrée.
La nef est grandiose surtout parce que le baroque est resté largement en retrait.
Les peintures murales donnent un air de Moyen-Âge à cette cathédrale. Il faut savoir que historiquement presque toutes les églises étaient peintes de la sorte.

La crypte est aussi densément décoré et elle contient un sarcophage de verre.

Nous n’avons plus envie de parcourir les pavés du centre-ville. Il nous faut un peu de repos et on le trouve dans le café en face de la cathédrale. Voilà qui est la dolce vita italiana.
Nous nous arrachons du café et on retourne à la voiture. Nous savons tous ce qui nous attend: des heures d’autoroute pour retourner à la maison au Tyrol. Ce n’est pas loin, mais c’est toujours chiant, surtout dans ce sens.
– FIN –
