Le parc archéologique de Carnuntum

La ville reconstruite de Carnuntum ne couvre que 0,5% des 10km² de la ville romaine telle quelle existait au 4e siècle de notre ère. il ne persistait rien de cette ville dans les années 1980. Des fouilles dès le 19e siècle ont mis à jour beaucoup d’objets mais c’est dans les années 1990 que commence la fouille systématique dans la zone que l’on peut visiter aujourd’hui.

La particularité de ces reconstructions sont les nombreux détails jusqu’au contenu des armoires et légumes sur les comptoirs. Ce n’est pas une mise en scène romancée, il s’agit de visualisations faites sur base des fouilles et complétés par les recherches scientifiques sur des sites similaires. Grâce à ces fouilles tardives, qui sont faites en partie de manière non-invasive, on a pu tirer beaucoup plus d’informations de vestiges cachés dans le sol. On ainsi pu définir la couleur des décors muraux, mais on s’est basé sur les formes d’autres sites pour les rappliquer sur les murs. Le même procédé de combinaison de sources diverses a permis de relever les murs et de coiffer les bâtisses de voûtes et de toits.

Ces détails réalistes en grandeur nature permettent une approche bien plus captivante que dans des fouilles où ne restent que la base des murs. Les maisons reconstruites et entièrement meublés semblent très modernes, en y passant, il faut se remettre en mémoire que ce sont des reconstructions de bâtiments d’il y a au moins 1700 ans.

L’entrée régulière coûte EUR12,-, nous avons en 2020 la chance d’arriver à midi et lors d’une entrée de 12 à 13 heures s’applique une réduction de 50% (« happy hour »). Il n’y a pas beaucoup de panneaux explicatifs sur le site et ils sont trilingues en allemand, anglais et tchécoslovaque. Il y a cependant des guides avec des bonnes explications et photos pour EUR1,- à l’accueil (GPS 48.112519, 16.858113) et il nous semble qu’il y en a aussi en français.

Accès aux reconstructions de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Accès aux reconstructions de Carnuntum. Photo © André M. Winter

La maison du marchand d’huiles

Les noms des maisons viennent de suppositions faites sur les pièces trouvées lors des fouilles. Ici, on a trouvé des débris d’amphores ayant contenu des huiles de diverses sources. Uniquement la partie nord a pu être reconstruite.

Des amphores dans la maison du marchand d'huiles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Des amphores dans la maison du marchand d’huiles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Décor mural reconstruit dans la maison du marchand d'huiles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Décor mural reconstruit dans la maison du marchand d’huiles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Seuil de porte et carrelage hexagonal dans la maison du marchand d'huiles. Photo © André M. Winter

Seuil de porte et carrelage hexagonal dans la maison du marchand d’huiles. Photo © André M. Winter

Rouleaux de papyrus et tablettes en bois à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Rouleaux de papyrus et tablettes en bois à Carnuntum. Photo © André M. Winter

La maison de Lucius

Il s’agit de la première maison relevé à l’aide des méthodes de l’archéologie expérimentale. Le nom vient d’une plaquette retrouvée sur place, Lucius Marticeius Clemens pouvait être un des propriétaires. Le riche intérieur prouve la richesse des habitants de la ville situé sur des axes de routes majeures du début de notre ère. D’est en ouest passe la route du Limes, le long de la frontière nord de l’Empire Romain, du nord au sud passe la Route de l’Ambre, une ancienne voie marchande de la Mer Baltique vers le sud.

On n’a pas pu déduire avec quoi Lucius marchandait. Dans la cour se trouvent deux fourneaux d’assez petite taille qui ne pouvait servir qu’à une activité artisanale secondaire.

Fourneaux dans la cour de la maison de Lucius à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Fourneaux dans la cour de la maison de Lucius à Carnuntum. Photo © André M. Winter

La maison Domus Quarta

On ne sait pas grand chose de cette maison, mais c’est la seule dont une mosaïque a été trouvé sur place. Les figures au centre des formes géométriques ont dû être retirés à l’époque antique, on n’y voit pas les riches détails comme dans la Villa Casale en Sicile. Mais les pièces retrouvées lors des fouilles laissent conclure à une maison richement décorée.

La maison Domus Quarta ià Carnuntum. Photo © André M. Winter

La maison Domus Quarta ià Carnuntum. Photo © André M. Winter

Mosaïques dans la maison Domus Quarta à Carnuntum . Photo © André M. Winter

Mosaïques dans la maison Domus Quarta à Carnuntum . Photo © André M. Winter

La Villa Urbana

Il s’agit d’un véritable palais urbain. Uniquement les chambres représentatives sont reconstruites et elles comptabilisent à elles seules 600m². Les fresques murales avaient été décrépi à l’époque romaine pour se retrouver tassés dans le sol. La reconstruction a été donc particulièrement laborieuse.

La salle principale de la Villa Urbana avec abside. Photo © André M. Winter

La salle principale de la Villa Urbana avec abside. Photo © André M. Winter

Partie extérieure de l'abside de la salle principale de la Villa Urbana à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Partie extérieure de l’abside de la salle principale de la Villa Urbana à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Passage entre les Thermes et la Villa Urbana de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Passage entre les Thermes et la Villa Urbana de Carnuntum. Photo © André M. Winter

L’auberge romaine

L’interprétation de la fonction de cette maison aux petites chambres toutes similaires a longtemps été incertaine. On pense aujourd’hui qu’il s’agissait d’une auberge car on y a aussi trouvé une cuisine qui ne pouvait être celle d’une maison privée.

Murs de fondation d'une auberge à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Murs de fondation d’une auberge à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Les petites thermes de Canuntum

On parle des petites thermes parce que l’on sait qu’il y en avait de plus grandes dans la ville romaine, mais uniquement celle-ci se trouve dans la carré relevé. On date sa construction peu après 124 de notre ère, c’est l’année ou Carnuntum reçoit le droit de ville. Ces thermes couvrent une surface de 1500m². Il s’agit de la première reconstructions complète et fonctionnelle de thermes romaines. Il y a certes beaucoup de descriptions contemporaines des thermes, mais peu de détails techniques sont connus quant au chauffage des différentes zones de température et en ce qui concerne la circulation de l’eau et de l’air au sous-sol.

Les petites thermes de Carnuntum. Photo © Alex Medwedeff

Les petites thermes de Carnuntum. Photo © Alex Medwedeff

Four extérieur couvert des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Four extérieur couvert des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Four pour le chauffage des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Four pour le chauffage des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Couloir principal des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Couloir principal des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Pantoufles et sandales romaines dans une étagère dans la Basilika Therarum à Carnuntum. Photo © Alex Medwedeff

Pantoufles et sandales romaines dans une étagère dans la Basilika Therarum à Carnuntum. Photo © Alex Medwedeff

Comme d’autres bâtiments reconstruits à Carnuntum, ces petites thermes sont aussi meublés. On trouve ainsi des étagères où les clients laissent/laissaient leurs toge et leurs sandales.

Une grande salle appelée Basilika Therarum peut aujourd’hui être louée pour des fêtes, ce jour s’y prépare un dîner de mariage. Cette basilique ne fait pas partie des thermes proprement dites, c’est l’endroit pour se dévêtir, détendre et aussi sortir à l’extérieur pour se rafraîchir et pour faire du sport. Sur une mezzanine se trouvent des lits pour se reposer après les bains.

Lits et une armoire sur la mezzanine de la Basilika Therarum de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Lits et une armoire sur la mezzanine de la Basilika Therarum de Carnuntum. Photo © André M. Winter

La salle de la Basilika Therarum de Carnuntum préparée pour un mariage . Photo © André M. Winter

La salle de la Basilika Therarum de Carnuntum préparée pour un mariage . Photo © André M. Winter

Les bassins aux différents températures semblent petites, mais il faut se remettre en mémoire que ce sont les thermes d’un quartier simple de la ville.

Le frigidarium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Le frigidarium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Voûte et chauffage au sol dans les petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Voûte et chauffage au sol dans les petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Détail du chauffage au sol des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Détail du chauffage au sol des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Le caldarium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Le caldarium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Les thermes étant un lieu public, il faut aussi des latrines. Ces toilettes étaient communes, il n’y avait jamais de séparation, on en trouve des semblables à Pompéi. Une curiosité de la reconstruction sont des graffitis d’époque romaine.

Latrines des petites termes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Latrines des petites termes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Directement intégré dans le bâtiment des thermes sont des établissements de restauration rapide appelés thermopolium. Leur aspect reconstruit , l’ameublement et le four ne se distinguent pas beaucoup de cuisines du début du 20e siècle, au contraire, les fresques sont plus belles.

Comptoir du thermopolium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Comptoir du thermopolium des petites thermes de Carnuntum. Photo © André M. Winter

La rue du nord

Cette rue était un important axe est-ouest de la ville antique. Il y a avait des trottoirs couverts portés par des colonnes (porticus) des deux côtés de la rue sur une distance bien plus longue à l’origine. Son nom actuel vient de sa position au nord des parties relevées. Le pavage est d’origine, on reconnaît aussi des traces de roues. Sous ces dalles se trouve un système d’égout romain fonctionnel.

Rue au nord des reconstructions à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Rue au nord des reconstructions à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Les fouilles ne sont pas terminées à Carnuntum. On avance petit à petit. Vu la taille de la ville antique, il y a aussi beaucoup de vestiges sur des terrains privés ou construits à ce jour.

Les découvertes des fouilles se trouvent depuis 1904 dans le Le Museum Carnuntium.

Nouvelles fouilles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Nouvelles fouilles à Carnuntum. Photo © André M. Winter

Les fouilles et les reconstructions sont co-financés par l’Union Européenne et il fait plaisir de voir que l’on est reconnaissant ici!

Europe starts here ! Photo © André M. Winter

Europe starts here ! Photo © André M. Winter

Amphithéâtre de la ville militaire de Carnuntum

À côté de la ville civile, c’est à dire actuellement entre les villages de Petronnel et de Deutsch-Altenburg, se trouve un deuxième amphithéâtre, celui de la ville militaire (GPS 48.126234, 16.892330). Il était entièrement construit en pierre, mais il ne reste pas plus des gradins qu’à l’amphitéâtre civil. L’entrée est payante, mais le ticket des reconstructions vaut aussi ici.

L'amphithéâtre de la ville militaire de Carnuntum. Photo © André M. Winter

L’amphithéâtre de la ville militaire de Carnuntum. Photo © André M. Winter

Nous n’avons pas fini avec les visites, nous terminons notre virée dans l’ancienne ville romaine par le musée à Deutsch-Altenburg.

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