André était montée sur la Crête de Saint-Quinis en avril 2017. Il était parti de Besse-sur-Issole. Cet approche est plus longue et elle a deux défauts majeurs. Lors de l’aller, on monte la crête des Agus à l’est de la crête principale. Elle est sillonné par un dédale de pistes forestières, de sentes VTT et d’autres chemins. Les approches les plus directes passent sur des single-trails VTT officieux et c’est toujours un peu le loto de monter une telle voie. Pour le retour, on peut marcher le long de l’Issole, mais c’est principalement sur des routes goudronnées et ce n’est ni charmant, ni bon pour les pieds et les genoux.
Donc rien que six ans plus tard, Alex et André repartent à l’assaut de la Crête de Saint-Quinis, cette fois-ci classiquement à partir de Sainte-Anastasie qui se trouve au sud de la crête principale et non pas à l’est comme Besse. La montée est bien sûr plus directe. Et il y a ici aussi de l’asphalte au début et à la fin du tour. Cette randonnée est décrite plus précisément sous La Crête de Saint-Quinis à partir de Sainte-Anastasie. Ici se trouvent plutôt les anecdotes du jour.
Cela commence par la plus grande boîte à livres que nous connaissons dans la région. Nous l’avions repérée quelques temps plus tôt et cette fois-ci, nous y déposons des cartons entiers de livres français que nous avions chez nous au Tyrol en Autriche. Une femme qui s’occupe de ranger les livres passe et elle émerveillée par ce que nous venons de déposer car dans ces cartons se trouvent aussi les livres du collège et du lycée d’André, donc des grands classiques obligatoires. Elle dit que ceux-là ne vont pas rester longtemps ici car ils se retrouveront à l’école à la prochaine rentrée. Les classiques ne meurent jamais.

Le village de Sainte-Anastasie est sinon assez endormi. C’est aussi devenu un village dortoir de la région toulonnaise. Mais la commune semble disposer de moyens pour embellir le centre et pour rénover les bâtiments historiques.
La première église (de) Sainte-Anastasie est citée en 1152. Elle est de style roman à deux nefs inégales. La plus petite, du 18e siècle, conserve une abside classique en cul-de-four. Cette église a été agrandie en 1868 sous les réfractaires « pour accueillir la population augmentée ». Elle est alors dédiée à Saint Just. La partie tronquée date de 1877 parce que des grands convois passaient par là pour se rendre à la gare de Sainte-Anastasie à l’est du village.
Une maison en face de l’église porte des faïences avec des crochets plus haut. C’était la boucherie.

En sortant vers l’est du village, on arrive vite sur un grand parc avec des bancs de pique-nique. C’est au plus tard ici que l’on fera une pause étendue après la randonnée.

Après l’asphalte en sortant du village vers le nord-est, suit une piste bétonnée. Ce n’est pas moins pénible, mais cela est annonceur de chemins non revêtus bientôt. En effet, après les dernières maisons s’arrête aussi le béton. On longe une dernière ferme et puis on est dans la montagne.

Les chemins plus haut sont méconnaissable. Ce n’est pas qu’ils ne sont pas empruntés souvent. Beaucoup de jeunes feuilles sont au sol. Elles ont toutes été arraché par l’orage et la grêle la nuit précédente. On avait précisément passé cette nuit chez nos amis à Néoules parce que du mauvais temps était annoncé. À Néoules, il pleuvait fort, mais sur la Crête de Quinis rageait l’orage avec sans doute des gros grêlons. Il en faut pour dépouiller les arbres de deux tiers de leur feuillage. Plus haut sur la crête, on voit même des petites branches arrachées.
En montant, on passe sous la chapelle de St. Quinis sans la voir. On est alors à l’extrême est de la crête principale. Le chemin arrive dans une zone rocheuse où il tourne vers l’ouest. Juste avant, on a une bonne vue vers l’est. On voit sur le paysage vallonnée entre le Crête de St. Quinis et Besse (sur la droite cachée par les collines boisées).

La rampe rocheuse est visiblement ciselée dans la roche. Ce passage a été crée pour les pèlerins.
On voit ici aussi les feuilles vertes tombées sous la grêle. On est au mois de mai pourtant.

Les endroits connus sont aussi les endroits où beaucoup de personnes passent, que ce soient des locaux ou des randonneurs de plus loin. Parmi tous ceux-là, il y a toujours des dégeulasses. Cette bouteille est là sûrement depuis une bonne dizaine d’années, voire plus car il semble s’agir d’une bouteille de jus. Alors, bien sûr, il peut toujours arriver de casser du verre. Mais alors il faut avoir l’éducation de ramener aussi ces bouts de verre dans la vallée.

Le chemin mène sur un pré et on voit plus loin en haut une masse sombre. C’est l’ermitage qui a été ajouté à l’est de la chapelle. Cet ermitage est certes encore debout, mais contrairement à la chapelle, il n’est pas rénové.
La photo montre la base du clocher et la partie est de la chapelle qui fait la jonction entre les deux parties du bâtiment.

La chapelle a été rénovée en 2019. On a surtout combattu l’humidité qui grignotait les murs par le bas. La rénovation visible touche surtout la façade ouest par laquelle on entre dans la chapelle. Les mus obliques sont on des grands contreforts et cet entonnoir d’entrée forme la particularité du site.
La chapelle est en en général ouverte. Il faut prendre garde à bien refermer la porte après la visite pour que le vent ne fasse pas entrer des feuilles et autres insectes.

Les autres parties extérieures des bâtiments n’ont été que stabilisés. Les murs restent gris et ternis par le temps.
L’intérieur de la nef est en blanc resplendissant. Comme beaucoup de chapelles ayant connu des pèlerinages, on trouve ici divers ex-voto. Ils datent pour la plupart du 19e siècle, mais on en trouve aussi en relation avec la Première Guerre Mondiale et quelques uns sont encore plus récents.
Il est impossible d’énumérer tous les ex-voto. Ils ont sans doute été comptés lors de la rénovation, car ils ont tous dû être retirés.
Les remerciements les plus fréquents sont en relation avec des guérisons.

Le baroque est aussi passé à Saint-Quinis.
Certains des tableaux ci-bas semblent plus récents.

Mais tous ces ex-voto sont très mélangés.
Les noms sont rares sur les ex-voto. Souvent, on ne trouve que des initiales, voire rien du tout.

Une première chapelle aurait été élevée dès le 6e siècle. Une chapelle, dont on ne sait si c’était la première, a été détruite lors des guerres de religion du 16e siècle. Elle a été reconstruite sous la forme actuelle en 1634, l’ermitage date de 1646. Les rares fresques restantes semblent dater du 17e siècle.

La chapelle dispose d’une galerie, mais pas d’orgue bien sûr.

Juste derrière la chapelle commence la partie marquante de la Crête de St. Quinis. Des écailles calcaires s’avancent dans le vide. Leur inclinaison varie, ici les dalles sont encore assez plates. Il y a plusieurs belvédères naturels tel que celui-ci plus loin à l’est de la crête.
Ici, on voit sur Besse-sur-Issole, à droite dans la photo.

On pourrait espérer que le chemin suive simplement la crête, mais ce n’est pas le cas. C’est même pire, on reste un certain temps à l’arrière de la crête et cela se passe dans un dédale de rochers calcaires parsemés de chênes nains qui poussent toujours là où l’on passerait aisément. Le sentier est bien balisé, mais on se perd facilement.

Toutes les photos ici représentent le chemin balisé. Bien sûr, il est encore plus difficilement reconnaissable à cause des feuilles parsemés par la grêle la nuit précédente.
Le sommet de la crête n’est pas vraiment reconnaissable, mais il y a un autre point de vue naturel non loin à l’est du point culminant. Cette fois-ci, on voit aussi sur le point de départ à Sainte-Anastasie-sur-Issole (au-dessus du buisson).

Besse-sur-Issole reste encore en vue tant que la crête ne tourne pas. Cependant, la couverture nuageuse ne l’éclaire guère.

L’arrière de la crête ne change pas: rochers et arbres épars. À la longue c’est même assez casse-gueule.
Nous sommes maintenant bien plus loin à l’est, nous avons maintenant une bonne vue sur Sainte-Anastasie alors que Besse disparaît derrière les collines. On voit cependant aussi l’orage de nouveau actif sur la Barre de Cuers. Ce n’est pas bien loin, on restera heureusement au sec jusqu’au retour.
Nous voyons maintenant aussi retour vers le sommet que nous n’avons pas remarqué en marchant de l’ouest vers l’est. C’est la bosse boisée. D’après notre tracé GPS, le chemin passe juste au sud du sommet, donc à droite sur la photo.

Ce point de vue de la crête est un peu plus large et on peut s’y mettre en scène. On voit que l’inclinaison des dalles est ici plus forte que près de la chapelle.
On voit que nous sommes ici encore plus bas.

Plus loin, la crête est encore plus docile et le chemin se transforme en piste incendie


Les genets sont bellement en fleur cette mi-mai 2023. Cette année, le changement climatique ne se faisait pas sentir si fort au printemps. En 2026, la floraison de toutes les plantes et surtout des herbes était beaucoup plus tôt que d’habitude.
La piste nous mène vers une zone défrichée sur la gauche. La crête en écailles a ici complètement disparue. Cette aire rectangulaire est une zone d’envol de parapente. On y organise aussi des compétitions. À l’arrière, on trouve aussi des chaises et d’autres installations.
Le site n’est pas légalement accessible en voiture, mais il l’accès à l’ouest n’est pas barré et il est certain que les parapentistes ne portent pas leurs parapentes sur le dos pour monter ici.
L’aire d’envol est en tout cas pour nous le signe de descendre. Le chemin, pas bien visible descend en diagonale.

Sous l’aire d’envol se trouve cependant une marche rocheuse un peu méchante en descente. Les gravats sont en mouvement.


Dans la plaine, nous retrouvons d’abord des routes bétonnées. Ici ce n’est pas à cause de la forte pente mais à cause des rares crues de l’Issole qui peut couvrir toute la plaine. Les dalles de béton résistent bien mieux aux courants d’eau que l’asphalte flexible.
Nous retournons ainsi dans le village en longeant l’Issole.

Demain, on reste dans la région en partant de Vins-sur-Caramy.
