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Exploration de la Poudrerie de Saint-Chamas

Nous étions déjà plusieurs fois à Saint-Chamas, la dernière fois c’était durant notre long voyage au Portugal, on avait alors surtout exploré la ville et le Pont de l’Horloge. Nous avions alors remarqué que l’ancienne poudrerie reconvertie en espace naturel exceptionnel n’est ouverte en gros qu’un jour par semaine en dehors de l’été. C’est assez restrictif pour les gens de passage comme nous en 2018. Cette fois-ci, nous sommes dans la région plus longtemps et nous visons donc le jour de l’ouverture très précisément. Toutes les informations sur l’accès au site sont précisés sur notre site de Provence sous Le Parc de la Poudrerie de St. Chamas ou Le Parc de la Poudrerie de St. Chamas en vélo. Nous sommes accompagnés par le même ami qu’hier autour des Baux-de-Provence. Comme beaucoup de nos photos se trouvent sur notre site provençal, nous piochons ici dans les photos restantes pour illustrer ce blog.

On arrive du nord, il faut passer l’énorme plaine remplie de rien et de bases militaires.

Terrain militaire de la Piste du Vallon. Photo © bjodec

Nous arrivons du nord dans la ville de St. Chamas. À droite en haut la face nord-est de Miramas-le-Vieux. Nous y montons aussi ce jour-ci.

Miramas vu du nord et de la D10. Photo © bjodec

On passe ici sous un arc d’un aqueduc qui alimentait aussi les moulins de la poudrerie. Cet aqueduc et d’autres sites remarquables de la ville sont présentés sous le Sentier du Patrimoine de St. Chamas, il est préférable de le faire à vélo car il est très long avec des étapes de liaison sans intérêt.

L’aqueduc du Guéby à St. Chamas. Photo © bjodec

Sur le front de l’Étang de Berre stationnent des camping-car. Cette possibilité change d’année en année, on n’a jamais compris quand l’accès à cette partie du parking est ouvert et quand non.

Camping-cars garés près de l’Etang de Berre à St. Chamas. Photo © bjodec

On va voir ce bord de mer qui n’en est pas un. La baignade n’est pas interdite mais rien n’y invite non plus. Cette eau est historiquement salée, mais pas autant que la Mer Méditerranée. Cependant, les lâchers d’eau des installations EDF diminuent encore plus le taux de sel. En conséquence poussent des algues et cette eau commence à puer dès qu’il fait plus de 15°C.

Alex et André au bord de l’Etang de Berre à St. Chamas. Photo © bjodec

Cette mouse au bord est aussi un signe très clair du manque de salinité. Il paraît que cette eau soit propre à la nage depuis quelques années, mais franchement, cela n’invite pas!

Plage au bord de l’Etang de Berre à St. Chamas. Photo © bjodec

En nous retournant, on voit la ville séparée par la crête calcaire tendre. Devant la parie orientée vers l’étang, derrière la ville principale. Les grands immeubles à gauche font partie de la poudrerie, nous nous y rendons aussitôt.

Boulodrome Jean Ramella et un trou dans la barre de St. Chamas. Photo © bjodec

La poudrerie est un ancien site industriel qui existait entre 1690 et 1974. On y fabrique des explosifs et d’autres produits chimiques polluants. Le site est décontamine pendant deux ans après la fermeture, puis il reste à l’abandon parce que les communes qui se partagent le territoire ne peuvent pas se mettre d’accord sur l’utilisation et la valorisation du site. Plus de 25 ans passent et la nature reprend ses droits. Il y a des zones aquatiques, des marais et la garrigue provençale classique. De plus, il restent des arbres et des plantes introduits avec des fonctions spéciales comme les cyprès chauves pour stabiliser les zones gagnés sur l’Étang de Berre, mais aussi des diverses plantes exotiques plantés autour des immeubles administratifs et autour de la maison du directeur.

Accès à la Poudrerie par la Place De Gaulle. Photo © André M. Winter

Le site s’est donc reconverti soi-même pour le meilleur et le Conservatoire du Littoral reprend alors la gestion. Depuis il est ouvert à la visite. On n’explique cependant pas pourquoi l’ouverture est tellement restreinte. C’est sans doute bien pour la conservation du site, cependant l’afflux de visiteurs n’est pas énorme. Saint-Chamas n’est pas sur le parcours classique des touristes en Provence. On trouve surtout les locaux hors saison. Attention, en cas de vent, qui est fréquent ici, le site reste fermé.

Accès à la Poudrerie du côté de St. Chamas. Photo © bjodec

Il n’est pas possible de visiter le site dans un sens chronologique logique. Beaucoup d’endroits ont été reconstruits plusieurs fois, on n’a ici jamais tenté de conserver quoi que ce soit. Près de la plupart des ruines se trouvent des panneaux explicatifs mais il n’y a aucun parcours préconisé. Nous racontons ici le site tel que nous l’avons visité. Cette année, nous n’avons pas visité tous les endroits du site.

En marchant dans l’allée principale, on voit sur la droite une tour en partie troglodytique. La tour de Safre était un poste d’observation et de contrôle de la poudrerie.

Après le portail, on arrive vite aux derniers moulins hydrauliques conservés. Ici, on travaillait la poudre noire dans plusieurs moulins parallèles et sur deux nivaux. L’eau, qui actionnait tous ces moulins était acheminée dans un canal creusé dans la falaise derrière. Il y avait ici une vingtaine de moulins et uniquement deux sont conservés, cependant sans leur installations mécaniques. On a juste reconstruit une roue à aubes dernièrement. Mais des panneaux avec d’anciennes photos et des maquettes permettent de comprendre comment le site fonctionnait.

Moulins 22, 23 et 24 de la Poudrerie de St. Chamas. Photo © bjodec
Plan de la roue à augets. Photo © André M. Winter
Photos de travailleurs dans la Poudrerie vers 1910. Photo © André M. Winter
Ruine d’un moulin à poudre de St. Chamas. Photo © André M. Winter

Tout en haut se trouve un cadre en fonte dans le mur de soutènement. C’était un poste de contrôle pour le gardien de nuit qui devait y poinçonner.

Dans la plaine couverte d’une forêt très diverse restent des installations datant des années 1950 comme des pylônes électriques, des poteaux incendie etc.

À divers endroits se trouvent aussi des bancs de pique-nique bien ombragés. Hors saison, il peut y faire un peu frais cependant.

La cascade artificielle de la Poudrerie de St. Chamas. Photo © André M. Winter

En avançant, on arrive dans la partie très aquatique de la poudrerie. Une cascade artificielle amène de l’eau. Elle a le débit très irrégulier, mais il est régule afin de maintenir un équilibre entre les étangs d’eau douce tout près et les marais plus salés près de l’Étang de Berre qui doit garder une certaine salinité pour rester dans un équilibre sain. Ici le débit est ridicule.

Une allée de platanes dans la partie ouest de la Poudrerie. Photo © André M. Winter

En marchant encore plus loin, nous arrivons de nouveau dans une zone construite. Ici de trouvent d’anciens ateliers de torpilles qui était actifs jusqu’à la fermeture, ce qui explique leur bon état de conservation. Le stockage de munition était actif au-delà de cette date. Dans la grande halle se trouve maintenant une exposition qui concerne surtout le travail du Conservatoire du Littoral. Beaucoup de matériel d’antan se trouve ici, il n’y a cependant pas beaucoup d’information. Ce serait un endroit idéal pour retracer effectivement l’activité sur le site. Peut-être cela viendra un jour.

Boîte en bois pour fusées de mortiers de 81 millimètres. Photo © André M. Winter
Boîte en bois pour obus. Photo © André M. Winter

Plus loin, le chemin nous mène un peu plus haut. Nous changeons de nouveau radicalement d’époque. L’église en ruine date du 12e siècle et le lavoir est aussi très ancien. Cette zone avait été annexée par le site industriel.

Lavoir dans la poudrerie de St. Chamas. Photo © bjodec

Plus haut, on arrive dans une zone plus désertique. On trouve ici des cercles et des fondations en béton. Ils servaient de base pour des tonneaux de produits chimiques qui descendaient par gravitée aux sites de production. Bien sûr il fallait aussi remplir ces cuves et on le faisait par camion sur la route en pente assez douce et contestante qui se trouve dans cette partie de l’ancienne poudrerie.

Nous nous tenons à droite et nous sortons pour environ une heure de l’enceinte de la poudrerie par la Porte des Oliviers. Le village de Miramas-le-Vieux est tout près et il serait dommage de passer à côté de ce joyau de village percé provençal. Il faut bien sûr encore monter, mais on aura aussi la vue d’en haut.

Miramas vu du sud. Photo © André M. Winter

Sur le chemin montant se trouve le cimetière avec une chapelle bien soignée. C’était l’ancienne église paroissiale de Miramas.

Monument aux morts de la guerre dans le cimetière de Miramas. Photo © bjodec

Le cimetière abrite quelques tombes de célébrités très locales du 19e et du 20e siècle comme des architectes ou des humanistes ayant marqué leur époque mais qui sont oubliés depuis.

Le monument aux morts est quelque peu militariste avec les gros obus placés aux angles.

Nous profitons du banc à l’ombre des cyprès pour une petite pause. Les nuits sont certes fraîches ce début mai, mais ce 7 mai 2023 est particulièrement chaud. Il n’y a pas un petit souffle de vent printanier pour nous rafraîchir. On ne transpire pas comme en plein été, mais on commence très clairement à éviter de rester en plein soleil.

Le cimetière est placé savamment loin hors des murs de l’habitation. Il restent donc quelques mètres de dénivelé pour arriver au pied du village.

Un jardin de Miramas. Photo © bjodec

Sur les différentes terrasses sous le village se trouvent quelques coins bien tranquilles.

Cheminement sur les remparts de Miramas. Photo © André M. Winter

On peut parcourir le village sur divers escalier et ruelles. En restant du côté est, donc à droite, on passe plusieurs points de vue qui donnent sur la plaine calcaire à l’est.

L’Etang de Berre vu de Miramas. Photo © bjodec

En plein centre se trouve l’église que nous avons toujours trouvée fermée en dépit de nos nombreux passages ici.

Par contre le centre est animé un peu plus que d’habitude par le vide-genier.

Il y a plusieurs culs-de-sac vers la droite et vers le nord-est qui offrent tous la vue vers les plateau arides entre Miramas et Cornillon-Confoux.

L’ancien château se trouve au nord. Il est en ruine et il attend sa réhabilitation. Entre temps des grillages temporaires tentent de tenir les gens et les voitures à l’écart.

Ruine du château de Miramas. Photo © André M. Winter
Plateforme derrière la ruine du château de Miramas. Photo © André M. Winter

En 2023, la Porte Notre-Dame était fermée. On l’a vue ouverte en 2025.

Nous revenons ensuite vers l’entrée des Oliviers dans la poudrerie. Nous explorons la partie nord et ouest par la suite. La première chose à voir est le point de vue de la Vigie. On y surveillait le site comme du haut de la Tour de Safre. Sur ce chemin, on voit aussi retour vers Miramas.

Miramas vu du chemin de la vigie de la poudrerie. Photo © André M. Winter

Le point de vue est ideal pour cette partie de l’Étang de Berre. La surveillance ne ne s’étendant cependant pas sur l’étang mais sur les parties à gauche (la poudrerie historique) et à droite (l’extension tardive). Aujourd’hui, on ne voit que verdure car la très grande partie des constructions ont été rasés lors de la décontamination du site.

La vigie de la poudrerie de St. Chamas. Photo © André M. Winter

On reconnait sur la bordure des canaux, des bassins et des zones très peu profondes. Lors du fonctionnement de la poudrerie, on manquait toujours de place et on de tous temps tenté de gagner des terres sur cette étendue d’eau saumâtre de l’Étang de Berre.

Vue de la vigie de la poudrerie de St. Chamas sur l’Etang de Berre. Photo © André M. Winter

Ci-bas l’extrême nord de l’Étang de Berre. Cette zone était marécageuse jusqu’au Moyen-Âge. On a ensuite asséché une partie avant de tenter ici aussi de gagner des terres sur l’eau.

Vue de la vigie de la poudrerie de St. Chamas. Photo © bjodec

Nous descendons de la vigie en longeant d’abord le bord de l’étang. Toutes les parties semi-aquatiques visibles de la vigie sont interdites d’accès car zone naturelle protégée.

Là. on est presque en bas. La vigie se trouve sur le rocher à gauche en haut. On ne peut pas passer sous le rocher car ici se trouve une zone militaire non encore libérée.

Murs de soutènement d’avant 1914. Photo © André M. Winter

Les marais sont un milieu moyennement salé et sa limite est variable. Comme les digues ne sont plus entretenus, cette partie progresse vers ses limites historiques. Les arbres ne supportent pas cette salinité et meurent.

Arbres morts dans les marécages au large de la poudrerie de St. Chamas. Photo © André M. Winter

Un peu plus à l’arrière se trouvent des cyprès-chauves. On les avait planté pour assécher les marais. Leur particularité sont les racines qui forment des tiges qui sortent de un peu partout de terre et qui dépassent en général le niveau de l’eau. C’est un système de respiration racinaire dans des milieux aquatiques.

Pneumatophores de cyprès chauves. Photo © bjodec

Nous sortons ensuite de la poudrerie et regardons un peu la ville de St. Chamas car notre ami ne la connaît pas encore

Le pont de l’horloge est bien sûr le symbole de la ville.

André et Alex s’embrassent sur le Pont de l’Horloge de St. Chamas. Photo © bjodec
Le Pertuis de St. Chamas vu du pont de l’horloge. Photo © André M. Winter

Notre ami monte vers la colline au nord du pont. On voit ici bien que la ville est séparée en deux par cette longue colline du Baou. Le pont de l’horloge comble une brèche artificielle. Un tunnel s’est écroulé et la colline a été coupée en deux pour laisser la place à un passage plus large entre les deux parties de la ville.

Le Pont de l’Horloge de St. Chamas. Photo © bjodec
Le Pertuis de St. Chamas. Photo © bjodec

Nous quittons Saint-Chamas en direction d’Istres, on contourne donc l’Étang de Berre contre le sens des aiguilles d’une montre. On voit alors retour sur presque l’ensemble de notre randonnée. On voit ainsi la Tour de Safre plus clairement que sur place et aussi Miramas est bien mis en scène sur sa colline de plus loin.

La Tour de Safre de Saint-Chamas vue par-dessus l’Etang de Berre. Photo © André M. Winter
Miramas vue par-dessus l’Etang de Berre. Photo © André M. Winter

Nous nous dirigeons par la suite vers le Lac de Lavalduc et le site archéologique de Saint-Blaise.

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