Ces crêtes rocheuses calcaires petites mais impressionnantes étaient longtemps sur notre liste des choses à faire. En 2012, nous y étions déjà, mais nous ne pouvions alors pas compléter le tout que nous faisons aujourd’hui. Pour ne pas nous donner des fausses idées, nous commençons par le passage le plus difficile. C’est la montée du bas du Vallat de Fenouillet à la Falaise de la Salle. Ce tour est décrit en détail sous La Crête de la Salle dans les Dentelles de Montmirail.

Mais commençons par le début. Nous partons le matin avec notre ami qui nous accompagne aujourd’hui pour la dernière fois du camping de Saint-Étienne-du-Grès car nous déménageons au-jourd’hui au camping tout aussi bien de Beaumes-de-Venise.
Nous voulons nous rapprocher de cette région du Vaucluse que nous avons délaissé trop longtemps. Nous avions des bons amis à Mazan où nous passe quelques jours par an et ce sur plusieurs années, mais nous ne savons pas pourquoi, au dernier passage, on nous accueille à peine. Ce sont des choses qui arrivent, la région n’y est en tout cas pour rien. Le Vaucluse vaut vraiment le voyage. C’est un peu l’enfant oublié de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Pourtant on y trouve des joyaux naturels inégalables et le Vaucluse est le cœur méconnu de la Provence.
Beaumes est au nord de Saint-Étienne, il faut donc aussi traverser le Fleuve provençal par excellence, la Durance. Le grand pont suspendu de Rognonas est connu pour ses bouchons, mais aujourd’hui on passe sans problèmes. La Durance a ici le droit d’onduler dans un lit très large. Elle change aussi presque tous les ans d’endroit. On ne peut bien sûr pas nous arrêter sur le pont, la vue serait pourtant idéale.

Sir l’aller, on traverse Beaumes-de-Venise. On ne se rendra au camping qu’à la fin du tour. Maintenant, on file encore plus loin vers le nord.

On laisse la voiture au parking au pied du petit village de Lafare. Il faut marcher un peu sur la route, mais on peut assez vite dévier à gauche parmi les vignes.


À partir de la route au nord de Lafare, il faut s’engager directement dans les gorges creusées par le Vallat de Fenouillet. Il y a quelques balises bleues qui aident à trouver les meilleurs passages, mais il n’y a définitivement pas de chemin. On marche dans le lot de la rivière et c’est un terrain très rocheux. Les concrétions calcaires au font du lit couvrent les rochers et forment une sorte de couverture. Celle-ci est par nature assez rugueuse et c’est ce qui aide principalement ici pour avancer.
On regarde presque toujours de l’avant, mais les vasques se voient mieux en regardant en direction aval. De plus, nous devons être préparés. Nous ne savons pas si nous passerons le premier passage difficile pas loin.
Parfois la végétation bouche la vue. Mais ne nous peignons pas, elle nous aidera bientôt cette forêt basse provençale.

La ballade le long du Vallat du Fenouillet est en tout cas plaisante car très diverse. Nous entendons des voix, nous ne sommes pas les seuls ici. Il y a aussi des grimpeurs haut dans les parois rocheuses.
Il y a dans toute cette partie basse une seule aide sous forme de ce fer sur la photo ci-bas à gauche. Il aide à passer vers la droite quand il y a plus d’eau dans le ruisseau.
Alex est déjà sous la grande cascade basse.
Cette cascade basse est un point d’arrêt. Ici on ne peut pas monter sans équipement spécifique et même avec du matériel de grimpe c’est impossible sur les mousses et algues de la cascade. Il y a un passage théorique sur la gauche (orographiquement à droite), nous l’avons inspecté au retour par en haut, mais n’état pas sûrs de l’issue, nous avons rebrossé chemin.
Une autre petite aide permet de monter sur le rocher devant sous la cascade sans devoir passer par le plan incliné à gauche. Il faut bien noter cette pente à gauche, c’est la suite de la randonnée!

Sur les deux photos ci-bas, André est déjà monté un peu sur le plan incliné. La pente dépasse en tout cas 45°. On y tient, mais c’est du calcaire très dense rendu lisse par les passages. Il est surprenant que tant de gens passent ici car ce n’est vraiment pas facile.
Tout en bas restent des arbustes qui sont bien ancrés et qui permettent de se tenir. Mais on voit bien aussi l’inclinaison ici.

Nous voilà tous engagés dans le plan incliné. On voit que les arbustes retiennent la terre mais aussi des pierres. Il y a toujours le risque qu’une de ces pierres dévale d’en haut. Nous sommes heureux d’êtres les premiers à nous y engager.
André est passé devant. C’est certes lui qui a planifié ce tour, mais il n’est pas du tout le meneur dans les passages délicats. Cette avancée est purement tactique car André est sujet au vertige. En étant le premier, il n’a pas la pression de suivre ceux devant. On changera cependant aussi parfois de configuration en montée.
André est dans la photo en bas à droite dans le passage le plus délicat, Alex attend plus bas et notre ami prend la photo. Des fers sont posés dans la zone lisse et sans végétation. Ils sont vieux et il n’y en a surtout pas un fer en trop. Quand ils s’arrêtent, il faut chercher passer à gauche vers la végétation.
On voit sur les photos d’en bas un jeune garçon avec une casquette orange et en bas à droite aussi d’autres enfants. C’est apparemment une famille qui nous suit. Les enfants semblent connaître la route à suivre. Ils nous doubleraient si les adultes ne leur disaient pas de rester en arrière.
Nous avions aussi fait des tours semblables quand notre fils avait cet âge. On en garde des bons souvenirs et aussi la surprise avec laquelle les enfants passent sur des tels pentes. La physique les aide massivement. Avec moins de poids, ils ont besoin de moins d’ahérence et aussi avec moins de taille et de poids ils montent plus facilement.

Alex est passé devant car André photographie. Et il doit aussi se remettre un peu de ce plan incliné qui se transforme en couloir ou cheminé c’est selon le point de vue. Il y a maintenant beaucoup plus de prises pour les pieds et les mains, mais le pente ne change en rien, on a même l’impression qu’elle augmente.
Alex continue devant, elle ne se laisse pas perturber par la pente.
Notre ami suit derrière. Beaucoup de photo ici sont de sa part.
André suit Alex un peu plus haut. Il y a peu de grosses pierres, mais beaucoup de petit gravier meuble dans les creux. Un casque ne serait pas de trop ici.
La photo en bas à gauche montre bien la situation de ce couloir ou de cette cheminée. On n’est plus sur la surface de la dalle mais dans un vallon qui érode les dalles de front. La pente est ici supérieure à la dalle plus bas.
Alex a dépassé la forte pente. Ici sont coincés quelques rochers qu’il faut contourner, mais ce terrain offre des bonnes prises.
André s’engage dans le même couloir qu’Alex plus tôt. On y marche presque à l’aise.
La photo en bas à droite montre la vue retour vers la sortie du couloir. La pente s’assagit au dernier moment.
Nous nous permettons une petite pause tout en sachant que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Mais nous savons que le plus dur est fait. Pendant les quelques minutes assis ici, la famille avec les gosses nous double. On ne les reverra plus, ils sont donc vraiment rapides.

Cette montagne pointue, on peut aussi la voir entière en avançant un peu. C’est bien sûr le Mont Ventoux, une belle montagne de tous les côtés, mais pas belle à monter à pied et en haut c’est plutôt un bal incessant de voitures qu’un havre de paix.

Nous nous remettons en route. Il faut bien sûr encore monter. La pente est bien plus sage, mais ce sont des gravats meubles et nous sommes tout à coup en plein soleil.

Pour nous rappeler qu’il reste du dénivelé, la pente redevient proche de ce que nous avions connus avant. C’est beaucoup plis facile cependant. La végétation n’aide plus, elle dérange plutôt.
On continue donc à monter et nous nous rapprochons clairement de la crête sur notre droite. En effet, le rebord sur lequel nous sommes devient de moins en moins large.

Le Mont Ventoux nous nargue tout le temps.

On inspecte la crête là où l’on peut. Il y a des cols accessibles et sans nom, nous espérons y voir de l’autre côté.

Finalement la vue n’est pas si mauvaise, même si on s’attendait à ce que ce soit vertigineux du côté nord. La vue sur les Dentelles Sarrasines est bonne, mais on en aura d’autres. Elles ont l’air petites, mais cela trompe. Il ne serait pas possible de les inclure aisément dans ce tour.

Ici la vue retour vers notre point de départ, en quelque sorte car il est au fond du vallon.

On ressort du col sans nom pour retourner sur le versant sud de notre crête à nous. Ici c’est plat, mais ce n’est qu’un court passage.

Il reste du chemin sur des dalles inclinées.

Nous voici à l’entrée de la face sud. À partir de maintenant, nous marcherons sur le rebord d’une de ces dalles.

Cela commence par un versant facile, mais le chemin se rétrécira massivement bientôt.

Cette crête devient de plus en plus impressionnante quand on s’en rapproche.

Nous sommes maintenant avancés un peu plus loin sous cette face sud et on repère un autre passage à travers la crête. C’est plus corsé ici.

C’est un couloir sans trop de prises, mais la roche est rugueuse. Il faut avoir confiance en l’adhérence de la gomme de ses chaussures. C’est encore Alex qui passe devant. André peine massivement car il sait qu’il faudra y redescendre et c’est toujours plus pénible surtout qu’il n’y a que quelques ronces plus bas. Notre ami suivra aussi.
La vue n’est pas grandiose de l’autre côté l’entaille est étroite. Il faudrait descendre de l’autre côté pour voir un peu plus. C’est un passage facile de l’autre côté. Nous restons cependant de notre côté sud et on continue inlassablement vers l’ouest. Le chemin continue un court instant comme avant en machant sur la face d’une strate.
Mais le Pas de la Chèvre marque aussi une perturbation dans les strates. Il faut descendre de quelques mètres pour passer une zone d’éboulis.

Et même après ce passage, cela descend encore. C’est une sérieuse perte de dénivelé.

Mais nous retrouvons vite une strate à longer comme avant. La falaise au-dessus devient encore plus impressionnante.
Il y a cepenandant aussi des passages curieusement sages.

Au-dessus de nous des grimpeurs qui transpirent fort cette belle journée de début mai.
La Crête de la Salle forme dans la partie ouest un col sans nom. Au-delà continue un bout de crête plus diffus que nous ignorons. La photo en bas montre la montée dans ce col.

La vue retour vers les dents que nous venons de longer à leur base.

En face, plus loin au nord se trouve la deuxième crête principale des Dentelles de Montmirail.

Nous reculons encore un peu plus pour plus de distance face à la crête de la journée. Ce cheminement au nord de la parte ouest de la crête a une autre raison très pragmatique: on recherche de l’ombre pour un casse-croûte. On ne trouvera rien de sympa et mangera sur le chemin, mais à l’ombre.

En entame ensuite le retour au nord de la Crête de la Salle. Le chemin reste d’abord en hauteur.

On reconnaît les mêmes dents vus sur la face sud. Il est 14h30 quand nous passons ici et un pu de soleil passe alors aussi de ce côté au printemps.

Plus loin devant la crête est moins reconnaissable côté nord.

Et voici la descende dans le vallon. Elle est assez abrupte et désagréable. La roche est cassante et il y a des gravats meubles de toute taille qui couvrent tout. Il y a des balises bleues tout en haut, mais comme les gens tentent des meilleurs passages (qui n’existent pas), ils piétinent la végétation et ils sont ainsi les acteurs principaux de l’érosion. Un meilleur guidage des randonneurs serait utile ici.

La vue retour vers le Col d’Alsau que nous n’avons pas atteint. Il forme le point culminant entre les deux crêtes des Dentelles de Montmirail.

Ici un passage plus docile en descente. La vue est encore retour sur cette photo.

Cette descente est rapide et principalement verticale. Pour finir, on marche dans le lit asséché du Vallat de l’Aiguille. Cela a du charme, mais c’est fatiguant. Il y a aussi un chemin sur la gauche pour ceux qui sont pressés, mais nous on aime les cours d’eau, même s’ils sont à sec comme ici.
On gagne ainsi de la distance par rapport à la crête que nous contournons. Avec la distance, elle devient moins menaçante.

Le Vallat de l’Aiguille débouche dans le Vallat de Fenouillet peu avant la cascade de ce dernier. À partir de ce moment, il y a de l’eau dans le lit du ruisseau. Nous nous y engageons car on veut chercher un passage au plus près de l’eau. Devant, nous voyons que cette cascade est composée d’au moins deux grandes marches, il y en a sans doute d’autres. La première est techniquement à sens unique, on arriverait à descendre mais jamais à remonter. C’est impossible à tenter dans connaître la suite. On voit du matériel de canyoning, mais il n’y a aucune corde, uniquement des crochets.

On prend donc la sortie sur la gauche (orographiquement à gauche aussi).
Nous montons d’une dizaine de mètres et les balises indiquent alors de passer à gauche. Or le vallon est à gauche. Une sente descend ici aussi. C’est une pente forte et on voit même des marches aménagés. On voit aussi des grimpeurs qui s’exercent ici. Ce chemin continue en descente. Puis il s’arrête à la hauteur de deux troncs de chênes posés en travers. On pourrait continuer sur une vingtaine de mètres, mais nous avions vu la situation en bas. La cascade basse était encaissé contre la falaise sans laisser aucun passage. Et c’est cette même paroi que nous avons ici sur notre gauche. Cela ne peut se terminer que par un cul-de-sac. Dans le meilleur des cas, il y a une sortie vers le haut de la cascade basse, mais cela ne nous avancerait pas.

Malheureusement, les grimpeurs ne sont pas en vue, ils auraient peut-être des tuyaux. On attend en tout cas de retourner explorer ce passage. Nous retournons donc vers le haut jusqu’à la bifurcation sur la rampe et on prend le chemin de sortie officiel. On voit sur la photo de droite une main courante en acier d’une autre âge. Cela semble indiquer que le passage normal vers le haut de la cascade passe normalement par là.
Nous retombons ensuite sur le Chemin des Dentelles qui m’est autre que le cul-de-sac de la route au-delà de la Fare. On y trouve quelques belvédères dans les gorges du Vallat de Fenouillet.

À gauche la première vue sur la dalle inclinée du début. On ne dirait pas que l’on puisse passer ici.
À droite le même passage avec une meilleure vue sur la partie haute, le couloir ou la cheminée.

En bas à gauche la vue sur la cascade et la fameuse paroi au nord. Là où poussent des arbres se trouve le passage théorique. Apparemment, il faut serrer contre la paroi bien avant la cascade quand on vient d’en bas.
Maintenant, il ne nous reste plus qu’à retourner à Lafare. Il reste un bout de chemin inconnu au bord du vallon pour rejoindre la Vallat de Fenouillet là où il croise la route.
Pour la suite, on prend le même chemin à l’aller. On aurait aussi pu nous garer au Vallat de Fenouillet, mais les places y sont très limités et il est inutile d’encomber les bas-côtés inexistants.

Cela nous fait passer à une fontaine bien rafraichissante. On y prend quasiment une douche pour nous laver de le sueur et de la poussière.

Lafare est construit en étages, on voit d’une terrasse à l’autre, mais pas dans le sens inverse.

Nous retournons à Beaumes pour nous enregistrer au camping municipal. On mange et prend encore un café.

Notre ami nous quitte ce soir, nous l’amenons à Tarascon pour qu’il puisse prendre le train retour à Montpellier. C’était des journées très intensives à trois. On aura un programme un peu plus tranquille les jours suivants. On va par exemple voir d’autres marchés.

Dans cette vidéo se trouvent quelques séquences de ce tour.
