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Un après-midi à Martigues

On appelle la vielle de Martigues la la Venise Provençale à cause de ses quelques canaux. Il n’y en a que deux en fait, mais avec le soleil du bon côté, ces canaux sont effectivement charmants.

On commence cependant par une spécialité technique de la régions, les ponts mobiles pour laisser passer les bateaux de l’Étang de Berre à la Mer Méditerranée sur le canal Galliffet. Ce pont levant s’ouvre en deux pour laisser passer les grands bateaux. Les horaires sont fixes. Toute l’année c’est à 09h05, 14h05et 19h05, il y a des horaires supplémentaires en été. Dès qu’il est ouvert, la circulation est impossible que ce soit à pied ou en voiture. Ce qui entraîne une attente d’environ 20 minutes.

Le pont a été construit en 1962 en remplacement d’un pont tournant antérieur de 1929. Les deux tabliers sont levés électriquement. Le pont levant est commandée par un pontier, installé à proximité, dans le quartier de l’île.

Une fois sur le pont la vue est sublime.

Le Canal Galliffet et le Viaduc de Martigues vus du pont mobile. Photo © André M. Winter

On verra en fin de journée aussi le bien plus grand Pont de Caronte, il est présenté à la fin de cette page.

Mais Martigues vend plutôt son image de ville sur l’eau. Les bateau de pêche provençaux appelés pointus et les maisons aux couleurs tout aussi provençales font l’attrait de la cité.

Les pointus sont remarquablement bien entretenus. C’est à penser que l’office de tourisme sponsorise l’entretien quand même couteux de ces coques en bois.

Capian d’un pointu du Quai Brescon à Martigues. Photo © André M. Winter
Pointus du Quai Brescon à Martigues. Photo © André M. Winter

Le temps est changeant ce 12 Mai 2023, après des passages ensoleillés passent des gros nuages qui ternissent considérablement les couleurs. On n’arrive pas toujours à avoir le soleil sur tous les maisons et points de vue où nous passons.

Jusqu’au début du 20e siècle, l’ancien quartier des pêcheurs s’étendait en direction de l’étang jusqu’à la Pointe du Brescon. Cette pointe n’existe plus de nos jours, il s’agissait de bandes terreuses s’avançant dans l’Étang de Berre. Comme le Plan Meyran, une île, qui lui faisait face, ces étendues sont détruites lors lors des travaux de nivellement des rives du Canal Galliffert pour permettre aux navires de plus en plus grands de traverser la Passe de Martigues. Les ponts sont aussi modifiés sur le côté de l’étang.

Malgré ces changements liés à l’entrée de Martigues dans l’ère industrielle, ce paysage emblématique reste présent dans l’imaginaire de la ville et de ces habitants. Aujourd’hui, les tartanes ont disparu, les filets de pêche ne sèchent plus sur les structures de bois et les remises des rez-de-chaussée sont désormais habités.

Longtemps appelée « La Cathédrale » par les Martégaux, la plus imposante des églises de la ville est caractéristique de l’achitecture et des décors baroques provençaux d’influence italienne. Construite entre 1670 et 1688 à l’emplacement de l’ancienne église, l’édifice témoigne de la prospérité de la ville au 17e siècle. Sa position est-ouest s’explique par par le positionnement le long du canal. Elle est intégré dans un cadre urbain dense. Sa monumentalité contraste avec le modestie des habitations alentour.

La façade principale présente deux niveaux séparés par une corniche volumétrique à modillons. Sa partie inférieure, marquée par quatre colonnes aux chapiteaux corinthien, est ornée de pilastres cannelés et d’un fronton brisé. La statue de la vierge à l’enfant est placée dans un cadre richement orné. Plus classique, la partie haute est est couronnée d’un fronton triangulaire. La sculpture qui s’y trouve date du 19e siècle.

L’intérieur de l’église abrite, outre un riche décor peint, de nombreux trésors classés dont un tableau de Michel Serre de 1694, et une  chaire à prêcher de 1677. L’orgue d’Antoine de Moitessier de 1851 arbore un buffet plat à la mode italienne et de style Charles X. Le plafond plat en bois avec peintures est d’origine.

À l’ouest, le clocher, surmonté d’un campanile en fer forgé, est construit en 1864. Il remplace l’ancienne tour de l’horloge, placée devant le portail en 1561 et détruite pour faciliter la circulation.

Le Canal de l’Ile de Martigues et l’église Sainte Marie-Madeleine. Photo © André M. Winter
Le Canal de l’Ile de Martigues et l’église Sainte Marie-Madeleine. Photo © André M. Winter

La ville se vente d’être une sorte de Venise, mais il y a aussi autre chose qui manque: les cafés, les bistros, les échoppes. Il y en a, mais que très peu. C’est sans doute dû au fait que ce centre est très petit et finalement pas beaucoup habité. Il faut donc s’attabler avec Bourvil et Fernandel sur le quai Aristide Briand. La sculpure est réalisée par Sébastien Langloÿs et executé en pièce unique par la fonderie Ilhat. La sculpture est installée en 2020.

Alex et les statues de Fernandel et de Bourvil du film la cuisine au beurre. Photo © André M. Winter

La sculpture reprend une scène emblématique du film La Cuisine au beurre de 1963. Après quelques années passées en captivité durant la Seconde Guerre mondiale, puis en liberté auprès de Gerda en Autriche jusqu’au retour du mari de celle-ci, Fernand Jouvin, restaurateur marseillais rigolard et menteur, revient à Martigues pour retrouver son épouse Christiane. Mais il découvre que cette dernière, le croyant mort, s’est remariée avec André, un cuisinier normand, qui a transformé son petit restaurant en une table réputée. Fernand s’incruste dans son ancienne maison, et la rivalité s’installe entre le Normand travailleur et rigide et le Marseillais paresseux et bon vivant. Source: Wikipédia.

On trouve quand même un café ouvert sur le quai en face de l’église.

Le Canal de l’Ile de Martigues et l’église Sainte Marie-Madeleine. Photo © André M. Winter

Il y a un peu trop de vent et les enfants, à défaut de pouvoir monter la voile sur leur Optimist, doivent ramer dans les canaux de la ville. Ces filles ne semblent cependant pas s’ennuier.

Faire de l’Optimist à la rame. Photo © André M. Winter

On revient pas les quais en direction du Parking Général Leclerc où nous avons garé notre voiture.

Qui dit Venise, dit classes d’apprentis peintres. Voilà une activité peu méchante et amenant un peu de vie dans la ville sinon asset morte.

Apprentis-peintres au Quai Brescon à Martigues. Photo © André M. Winter

De nombreuses maisons possèdent des façades pittoresques le long des quais et au sein de l’Île qui a profité des programmes de rénovation de la mairie.

Les pointus du Quai Brescon à Martigues. Photo © Alex Medwedeff

Les pointus sont toujours si bien arrangés comme à l’aller. Non, ils ne sortent plus à la pêche.

Les pointus du Quai Brescon à Martigues. Photo © André M. Winter

Le Pont tournant de Caronte

À l’ouest du centre de Martigues s’étendent des immeubles récents, mais en avançant encore plus loin, on arrive dans une zone vague abandonnée en bordure du canal. Beaucoup d’immeubles on été rasés, mais il restent encore quelques ruines debout.

Notre Trafic dans l’aire vague près du silo Verminck. Photo © André M. Winter

Un peu plus loin se trouve un viaduc ferroviaire avec une partie tournante pour laisser passer les navires avec plus de 20 mètres au-dessus de l’eau. Nous présentons le Pont de Caronte en détail. sur notre site provençal.

Pont de Caronte. Photo © André M. Winter
Le Pont de Caronte. Photo © Alex Medwedeff
Le Viaduc de Caronte. Photo © André M. Winter

Au Camping Vallon des Cigales à Istres

Nous revenons pour une deuxième nuit à ce camping où nous passons souvent. Il est simple et son grand avantage est qu’il est ouvert toute l’année. On aime aussi les divers animaux qui se baladent plus ou moins librement dans le camping.

Les poneys du camping les Cigales. Photo © Alex Medwedeff
Alex en train de cuisiner au camping les Cigales. Photo © André M. Winter
Pâtes aux palourdes. Photo © Alex Medwedeff

Quand nous sommes en camping, contrairement aux emplacements libres, nous en profitons pour cuisiner un peu plus avantageusement. On fait donc uniquement du poisson ou des fruits de mer quand il y a la possibilité de laver correctement la vaisselle par la suite. Ces palourdes viennent du stand de pêcheurs du port de Carro.

Demain, on passera la majeure partie de la journée à Saint-Chamas.

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