Tour dans le centre-ville de Pise

Il faut vraiment prendre le temps de visiter aussi le reste du centre-ville de Pise pour s’écarter des sites phares. On y trouve des ruelles charmantes, des palais impressionnants, des places sympathies et des bars et des restaurants authentiques. Dès que l’on est à plus de deux pâtés de maisons, il y a moins de stands, moins de vendeurs à la sauvette et moins de restaurants touristiques sans style. La ville est beaucpup plus petite que Florence et les touristes se concentrent autour de la Tour de Pise. Pour le déjeuner, nous conseillons de pousser jusqu’à la Piazza delle Vettovaglie.

Maisons du centre de Pise. Photo © Alex Medwedeff

Maisons du centre de Pise. Photo © Alex Medwedeff

Notre ordre de visite de la ville de Pise est rythmé par l’arrivée par le nord, le midi et l’accès contingenté à la tour. Cette page rassemble donc les parties de la ville en dehors des sites présentés dans les pages précédentes. Nous tentons ici quand même de reconstruire notre itinéraire un peu erratique.

Un premier passage sur la Piazza dei Miracoli

Nous arrivons par le nord-ouest à la  Piazza dei Miracoli et la première chose que nous faisons est de rejoindre la caisse centrale des monuments pour acheter des tickets pour le baptistère et la tour. Nous inspections alors une première fois le baptistère de l’extérieur et effleurons les autres monuments de la Place des Miracles comme des traces romaines.

Le Baptistère et le cimetière Camposanto de Pise. Photo © André M. Winter

Le Baptistère et le cimetière Camposanto de Pise. Photo © André M. Winter

Porta del Leone e la Torre di Santa Maria. Photo © Alex Medwedeff

Porta del Leone e la Torre di Santa Maria. Photo © Alex Medwedeff

Le lion de la Porta del Leone. Photo © André M. Winter

Le lion de la Porta del Leone. Photo © André M. Winter

Nous regardons de loin aussi le cimetière monumental Camposanto pour lequel nous avons oublié d’acheter des tickets.

Camposanto monumentale. Photo © André M. Winter

Camposanto monumentale. Photo © André M. Winter

Piazza dei Cavalieri

En attendant de pouvoir monter sur la tour, nous avons des tickets pour le créneau de midi, nous avançons vers le sud-est et la Piazza dei Cavalieri. André y avait repéré la Chiesa Santo Stefano qui abrite des drapeaux turcs capturés lors des guerres avec l’Empire Ottoman. Mais elle est fermée, sans doute aussi à cause du Covid-19. Mais on trouve ici aussi deux palais curieux.

Le Palazzo della Carovana est couvert de sgraffiti. Ce palais est construit entre 1562 et 1564 par l’architecte Giorgio Vasari pour le siège des Chevaliers de l’Ordre de Saint-Étienne, un ordre de moines-soldats, fondé en 1561 par Cosme Ier Grand-duc de Toscane pour combattre les Turcs. Son nom Palazzo della Carovana, qui signifie « Palais de la Caravane » est dérive du nom de la période de trois ans de d’apprentissage du combat en Méditerranée correspondant à la formation des initiés de l’ordre qui deviennent ensuite chevaliers (Cavalieri). La façade se caractérise par un système complexe avec des graffitis représentant des figures allégoriques et les signes du zodiaque, conçus par Vasari. (Source Wikipédia)

Palazzo della Carovana. Photo © André M. Winter

Palazzo della Carovana. Photo © André M. Winter

Sgraffito de la façade Palazzo della Carovana. Photo © André M. Winter

Sgraffito de la façade Palazzo della Carovana. Photo © André M. Winter

Cosme Ier de Toscane se trouve en statue devant l’immeuble et donc au milieu de la place.

Sur la place se trouve aussi le Palazzo del Collegio Puteano. Le bâtiment, adjacent à l’église de San Rocco, a été construit dans sa forme actuelle entre 1594 et 1598 en réunissant un groupe de maisons plus anciennes. En 1605, il a été accordé en bail perpétuel à l’Ordre de Santo Stefano pour accueillir les étudiants piémontais du Studio Pisano, selon un souhait de l’archevêque Carlo Antonio Dal Pozzo (dont le nom Puteano dérive). La façade a été décorée de fresques allégoriques entre 1608 et 1609 par Giovanni Stefano Marucelli. Après la suppression de l’Ordre, le collège est resté ouvert jusqu’en 1925, mais dès 1930, la Scuola Normale di Pisa l’a rouvert en tant que Maison des étudiants de la prestigieuse université qui avait son siège dans le Palazzo dei Cavalieri à proximité. Depuis 2001, il abrite le Centre de recherche mathématique Ennio De Giorgi.

Le palais le plus original de la place est sans doute le Palazzo dell’Orologio. Sa façade concave offre un passage dans la Via Dalmazia. C’est un ancien bâtiment médiéval où résidait au moins depuis 1357 le capitaine du peuple, c’est une figure politique de l’administration locale historique des communes italiennes au Moyen Age. En 1605-1608, suite à l’unification de deux bâtiments voisins par un arc avec une horloge, le bâtiment a été achevé dans sa forme actuelle, selon la conception de Giorgio Vasari de 1554. À partir de 1566, il abritait déjà l’infirmerie de l’Ordre des Chevaliers de Santo Stefano. Le responsable de la santé s’appelait Bonomo, c’est pourquoi le bâtiment est également connu sous le nom de Palazzo del Bonomo.

Entre 1607 et 1609, Giovanni Stefano Marucelli et Filippo Palladini ont peint la façade et la voûte intérieure de l’arc de figures allégoriques. L’horloge et le beffroi datent de 1696. En 1919, après la suppression de l’Ordre, le bâtiment a été acheté par le comte Alberto della Gherardesca, qui a promu une rénovation discutable dans le style néo-gothique, avec l’ouverture d’une fenêtre à quatre baies sur la façade à gauche de l’arc central.

Il Palazzo dell'Orologio. Photo © André M. Winter

Il Palazzo dell’Orologio. Photo © André M. Winter

Deuxième passage sur la Piazza dei Miracoli

Nous revenons à la place emblématique pour déposer nos sacs dans la consigne au nord de la tour pour enfin monter sur la Tour de Pise, chose dont nous n’osions même pas rêver. Nous en profitons aussi pour admirer la tour sous tous ces angles, les photos se trouvent toutes sur la page dédiée.

Vue vers le sommet de la Tour de Pise. Photo © Alex Medwedeff

Vue vers le sommet de la Tour de Pise. Photo © Alex Medwedeff

Nous enchainons directement avec la visite intérieure du baptistère parce que nous voyons que personne n’attend devant la porte d’accès. En effet, il est 12h30 et les touristes semblent attablés aux restaurants.

Vue plongeante sur le rez-de-chaussée du baptistère de Pise. Photo © André M. Winter

Vue plongeante sur le rez-de-chaussée du baptistère de Pise. Photo © André M. Winter

Au bord de l’Arno

Nous marchons de nouveau à travers les ruelles vers le sud de la ville. Nous mettons notre route de manière à passer par un robinet d’eau potable car nous avons épuisé nos réserves et dans les zones touristiques on vend des bouteilles de moins d’un demi litre à un euro. Nous nous orientons avec OSMAnd et ainsi nous tombons aussi sur une église et un palais avec des façades franchement rafistolées.

La Chiesa di San Nicola est mentionnée, avec le couvent attenant, dès 1097. La façade a des pilastres, des arcs aveugles et des losanges, et est décorée d’incrustations du 12e siècle.  a porte principale semble être rajoutée plus tard sans trop de respect pour les structures antérieures.

Le campanile octogonal, le deuxième plus célèbre dans la ville après la tour de Pise, remonte probablement à 1170. Initialement, il était séparé des bâtiments voisins. Il est aussi légèrement incliné et sa base est sous le niveau actuel de la rue. La partie basse commence en haut de chaque côté par des arcs aveugles. La cellule des cloches est un prisme à base hexagonale, possédant une fenêtre simple de chaque côté et entourée par une galerie de petits arcs soutenus par des colonnes. Sa couverture est pyramidale. (Source Wikipédia)

Chiesa di San Nicola di Pisa. Photo © André M. Winter

Chiesa di San Nicola di Pisa. Photo © André M. Winter

Le Palazzo delle Vedove est situé à l’emplacement du Domus dei Bocci, stratégiquement construite dans l’Antiquité près du Ponte Nuovo. Le bâtiment visible aujourd’hui a été construit entre le 12e et le 14e siècle, sa structure a cependant été très modifiée par la reconstruction du 16e siècle. La façade sur via Trento est particulièrement intéressante, où l’on peut voir une fenêtre à quatre baies en marbre d’une finition exquise, coupée au centre pour l’insertion d’une ouverture rectangulaire. Le palais, était utilisé par les « veuves » de la famille Médicis. Deux passages sur des couloirs soutenus par des arcs traversent la rue en haut et relient le bâtiment d’abord avec la Torre De Cantone et avec l’église de San Nicola, permettant ainsi aux nobles d’aller à la messe sans descendre la rue.

Nous sommes ensuite directement sur les quais de l’Arno auxquels nous consacrons une page dédiée: Le fleuve Arno et l’église Santa Maria della Spina.

Palazzio Vitelli, Università di Pisa et la Chiesa Madonna dei Galletti au bord de l'Arno. Photo © André M. Winter

Palazzio Vitelli, Università di Pisa et la Chiesa Madonna dei Galletti au bord de l’Arno. Photo © André M. Winter

Déjeuner sur la Piazza delle Vettovaglie

La place a pris sa forme actuelle au 15e siècle et jusqu’au début du 20e siècle s’y tenait le marché aux fruits, vettovaglie signifie provisons. La place est un peu délabré mais animée quand nous passons ici vers 15 heures. Nous nous attablons à un des restaurants dont les tables se trouvent sous les arcades qui font le pourtour de la place. On y mange parfaitement bien à des prix de province.

Piazza delle Vettovaglie. Photo © Alex Medwedeff

Piazza delle Vettovaglie. Photo © Alex Medwedeff

Table sur la Piazza delle Vettovaglie. Photo © Alex Medwedeff

Table sur la Piazza delle Vettovaglie. Photo © Alex Medwedeff

Quand Alex va aux toilettes, elles voit les cantuccini et lance un cri involontaire d’émerveillement. Le patron reconnaît le vœux et sert le dessert toscan classique: du vino santo avec des cantuccini. Ce dessert n’apparaît pas sur la note! À conseiller donc: la Grigliera Le Vettovaglie, c’est dans la partie nord-est de la place.

Nous voisins de table sont quatre hommes locaux d’âge et apparemment d’horizons différents. Ils discutent inlassablement entre eux, avec le patron et avec des passants. Nous ne comprenons pas trop ce qui les unit si ce n’est leur amour pour cigarettes et cigares. Ils mangent un repas classique italien avec plusieurs plats. Ils commencent par des légumes et nous sommes surpris ce choix car ils fument et boivent beaucoup. Mais peu après suivent des tas de viande, le restaurant est spécialisé dans les plats au barbecue. Nous ne savons pas s’ils ont rajouté encore des tonnes de desserts, nous continuons notre tour de la ville.

Discussion sur une terrasse sur la Piazza delle Vettovaglie. Photo © André M. Winter

Discussion sur une terrasse sur la Piazza delle Vettovaglie. Photo © André M. Winter

Troisième passage sur la Piazza dei Miracoli

Nous revenons une dernière fois sur la place, cette fois-ci pour visiter l’intérieur de la cathédrale.

Le chœur en cul-de-four de la cathédrale de Pise. Photo © André M. Winter

Le chœur en cul-de-four de la cathédrale de Pise. Photo © André M. Winter

En sortant de l’édifice, les nuages se font menaçant. Nous nous empressons de regagner le camion, mais à la hauteur du Carrefour Express, nous devons faire des achats. Il nous faut du lait, mais nous trouvons aussi des cantuccini et bien sûr du vino santo. L’orage n’est que très court, nous regagnons le camion garé dans la Via Tino da Camaino. En bas un plan de tout notre itineraire.

Carte OpenStreetMap de nos cheminements à Pise

Carte OpenStreetMap de nos cheminements à Pise

Comme le temps semble s’apaiser et comme nous aimons la mer, nous sortons la longue route le long de l’Arno vers la Marina di Pisa. C’est historiquement un village de pêcheurs, mais on n’en reconnaît plus rien si ce ne sont les trabocchi (cabanes de pêche au carrelet) dans l’embouchure du fleuve. Nous les avions vus en août 2007 sous un ciel tout aussi couvert.

Nous sortons de cette ville touristique moderne par le sud en espérant de trouver un accès public à la plage, mais comme si souvent, des kilomètres entiers sont privatisés et plantés de parasols où se trouve actuellement personne. Le temps est mauvais, nous sommes fin septembre et c’est l’année du Covid-19, la plupart de ces établissements sont donc barricadés y compris les parkings. Il n’y a donc même pas moyen de s’arrêter. Des accès publics n’existent que loin au sud, mais ici la route s’éloigne de la côte et il se remet à pleuvoir légèrement. Nous rentrons donc au camping pour nous reposer de notre belle journée à Pise.

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