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La grotte du Terrain Vermicel

Comme souvent, nous sommes sur un site où nous sommes passés avant sans l’explorer en détail. Vins-sur-Caramy est un petit village entre Brignoles et Carcès. Il y a un château dans le village et un beau pont historique sur le Caramy au sud. Il est formé par trois arches entre lesquels se trouve un double dos d’âne. Il était important pour passer aux pâturages sur le plateau au sud du village. Ce n’est pas un pont romain juste parce qu’il est vieux.

Le pont à trois arches dit romain de Vins-sur-Caramy. Photo © André M. Winter

Le passage sur le pont est sympa. On se sent vraiment comme au Moyen-Âge. Les piles du pont sont massives pour résister aux crues. Ces piles montrent que ce pont ne peut pas être romain car les romains n’ont jamais mis une pile dans l’eau d’un courant. En tout cas pas un pont qui est encore debout de nos jours.

Au bout du pont à droite se trouve une aire de pique-nique. Nous passons cependant à la fin du pont à gauche. Ce tour est décrit en détail sous La grotte du Terrain Vermicel à Vins-sur-Caramy.

La voie sur le pont à trois arches dit romain de Vins-sur-Caramy. Photo © André M. Winter

Juste en amont du pont se trouve un petit barrage qui sert à dévier un peu d’eau dans un canal au sud du Caramy. L’eau sert encore à irriguer les champs à l’est de Vins. Dans le passé, il y avait sans doute aussi des moulins sur le tracé du canal. De nos jours, on tente de retirer ce type de barrage des cours d’eau car ils changent massivement l’écoulement de l’eau et ils interrompent le mouvement des animaux aquatiques. La migration des petites poissons est aussi barrée. À d’autres endroits sur le Caramy, des barrages ont déjà été retirés.

Le barrage en amont du pont dit romain de Vins-sur-Caramy. Photo © André M. Winter

Juste après le pont à gauche, nous tombons sur les premières traces des quatre hommes assassinés par les nazis allemands. Ce n’est pas le lieu de leur meurtre, celui-ci se trouve dans la grotte que nous allons voir bientôt.

Revenons sur la présence des occupants Allemands ici. Ils sont surtout intéressés par les mines de bauxite dans la région. Ils avaient même construit une ligne de chemin de fer pour rejoindre la ligne principale à Brignoles. La région est bien sûr aussi propice aux actions de la Résistance. En 1944, les Allemands occupent aussi le sud de la France après la chute du régime collaborateur de Vichy.

La Résistance est aussi animé à des actions par les Alliés qui préparent le débarquement de la plage du Dramont et pour les combats prévus dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le Terrain Vermicel est un nom ce code pour la plaine au sud-est de Vins-sur-Caramy. La Résistance y installe un aérodrome pour y réceptionner du terrain matériel militaire. L’aérodrome est toujours visible sur les photos aériennes de nos jours. Cette mission réussit et le matériel servira, mais les Allemands ont des informations par des lâches collaborateurs locaux. Ils trouvent les quatre Résistants, les interrogent et inspectent avec eux la grotte à mi-chemin entre Vins et ledit Terrain Vermicel le 29 juillet 1944. La grotte est un abri pour la Résistance, aussi pour y abriter le matériel déchargé à l’aérodrome. Les nazis sont rageux car la grotte est vide quand ils s’y rendent, ils espéraient y trouver le matériel militaire. Mais nos Résistants ne révèlent même pas ce que les Alliés leur ont envoyés. Les Allemands les mitraillent sur place et laissent leurs corps dans la grotte. Jean Mozzone et ses deux fils Eugène et Louis ainsi que Théodore Linari ont payé de leur vie pour la réussite de la défaite définitive des nazis quelques mois plus tard.

Le monument n’est pas la tombe des quatre hommes.

Stèles au début du Chemin des Résistants. Photo © André M. Winter

Nous partons du monument vers l’est. On longe ici le canal évoqué plus haut. Il conduit encore de l’eau.

Le canal entre le Caramy et le Chemin des Résistants. Photo © André M. Winter

La piste forestière passe quelques rochers qui rappellent que nous sommes ici dans les gorges du Caramy.

Le Chemin des Résistants au sud du Caramy. Photo © André M. Winter

Il a plu la nuit et les herbes ruissèlent d’eau.

Epis couverts de rosée. Photo © André M. Winter

Notre piste forestière monte et on passe un autre monument rappelant les quatre hommes assassinés. Ici part un sentier vers le sud. Il mène droit à la grotte en question et devant le trou d’accès un peu caché par la végétation. Il s’agit d’une classique grotte en terrain calcaire qui se trouvent ici en Provence souvent près de la surface.

On pénètre dans une première salle qui est éclairée par l’entrée et par une deuxième ouverture devant. On trouve ici des concrétions calcaires qui datent d’un temps où plus d’eau passait ici.

La suite de la grotte accessible se trouve sur la gauche. Attention, après le premier tournant, il n’y a plus aucun éclairage naturel. La lumière d’un portable ne suffit pas, il faut être muni d’une frontale ou d’une torche.

Le cheminement est facile, mais il y a beaucoup de petits tournants. De ce fait, on perd logiquement l’orientation. Il est sage de poser de repères (gratter des flèches au sol) car avec notre éclairage artificiel très local, le boyau irrégulier de la grotte est d’apparence très différente au retour. Là où l’on voyait un chemin évident à l’aller se trouve une bifurcation au retour. La plupart des boyaux annexes ne mènent nulle part, mais on peut être très vite dans l’impression de se trouver dans une impasse. D’où l’importance de poser des repères à l’aller.

Il y a des quelques marquages au parois, mais elle ne nous aident pas vraiment. Voir en tout cas la description détaillée sous Exploration de la Grotte de Savoye où se cachaient les Résistants.

Le boyau de la grotte des Résistants du Terrain Vermicel. Photo © André M. Winter

Sur la photo de gauche, on peut toujours avancer.

Les trous au sol sont à éviter. On avance certes en descente, mais jamais de manière verticale.

On trouve malheureusement aussi des concrétions calcaires cassés.

Juste au-dessus de l’accès à la grotte se trouve la plaque commémorative d’origine. Elle est bien plus explicite que les monuments précédents. Le texte de la stèle: À la mémoire de Mozzone Jean, Mozzone Eugène, Mozzone Louis, Linari Théodore. Cette grotte servit de refuge aux armes parachutées. Des bourreaux aux mains ensanglantés en firent un charnier. Seul témoin muet, hélas! de tous ces crimes atroces. Le sang de ces patriotes crie vengeance. Et mort aux Boches. Le 29 juillet 1944. Les dernières lignes sont moyennent effacées.  Le terme boche est plus ancien que la seconde guerre mondiale où il est peu utilisé. Le symbole communiste en haut à gauche rappelle l’appartenance des quatre hommes au syndicat communiste .

Nous n’avançons pas jusqu’au Terrain Vermicel proprement dit car on ne le voit plus très bien sur place. La vue satellite est plus claire.

On descend donc vers le nord pour retourner vers le village de Vins.

Chemin en descente par le Mauvais Plantier. Photo © André M. Winter

En bas, on croise le canal que nous connaissons déjà.

Pont sur le canal. Photo © André M. Winter

On croise aussi le Caramy sur un pont plus récent. Ensuite, il nous faut suivre cette route pour avancer vers Vins et d’y monter à la fin. C’est un peu long et monotone.

Rue des Prés du Château. Photo © André M. Winter

On arrive vite au château du village que l’on voit bien de la route. Il est longtemps tombé en ruine et a été relevé par un groupe de privés. Il est toujours privé et sa visite est surtout possible en été.

En plus du Caramy, Vins est en plus traversé par le ruisseau du Vallon des Adrechs. Entre le château et la partie basse du village se trouve un parc par lequel on peut passer pour monter dans le centre du village.

Remontée dans le Vallon des Adrechs vers le village. Photo © André M. Winter

Le village est très typique de l’arrière pays varois avec un grand lavoir et une fontaine bien centrale car on ne manquait ici jamais d’eau.

Une rue plus loin se trouve le vrai centre du village avec un bar et un restaurant. Il fait bon vivre ici. Il serait mieux que plus de gens restent sur place dans le village.

Nous repassons par le parc du Vallon des Adrechs pour revenir au point de départ.

Promotion à partir de mardi, mais on est lundi. Photo © André M. Winter

En revenant, on fait les courses dans le supermarché de Carcès. Il s’agit d’un petit Intermarché qui fait des campagnes de promotion un peu bancales. On est mardi 15 mai 2023 et une rangée est entièrement couverte d’affiches vantant la promotion à partir du lendemain. Est-ce cela concerne les articles sous les affiches? À quel prix sont les articles aujourd’hui lundi? On n’en sait rien. On est pourtant intéressé par les nouilles qui se vendent ici.

Nous passons aussi dans le village de Besse-sur-Issole que nous avions évoqué lors de notre randonnée précédente sur la Crête de Saint-Quinis. Le village est bien sympa aussi, mais malheureusement en travaux ce mois de mai 2023.

Le monument au centenaire de la Révolution est impressionnant avec sa lampe électrique installée assez tôt.

Sur la place centrale se trouve aussi une tour d’horloge bien civile.

Demain, on passe d’abord à Cotignac.

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