Nous sommes de nouveau plein d’entrain pour une nouvelle randonnée. Comme souvent, ce sont aussi des tours qui rentrent plus tard en tant que rando conseillée sur notre autre site Provence-Guide.Net. Logiquement, cette randonnée est décrite là bas plus en détail avec carte et données GPS: Tholos de la Lauve et les baumes du Vallon de la Brague. Ici se concentrent plutôt les anecdotes personnelles.
On cherche le plus souvent de partir du centre d’une ville ou d’un village. L’idée est que nos tours sont aussi faisables en venant en transports en commun. Oui, c’est un défi en PACA, les responsables de la région et du département n’ont pas encore compris que les campagnes meurent aussi parce que tout est axé sur la voitures. Les centres des villages de l’arrière-pays sont défigurés en parkings immenses. On ne pas en vouloir aux habitants, si les élus ne font pas leur travail. Même si ce sont ces électeurs qui élisent ces élus. Bref, on peut venir en bus à Salernes, mais c’est le parcours du combattant, il ne faut pas espérer repartir comme on veut le même jour, il vaut mieux venir d’une seule direction et il vaut mieux viser un jour ouvrable où les bus scolaires circulent car se sont les seuls qui ont des horaires à peu prés garnis.
Nous sommes cependant honnêtes avec nos lecteurs: nous sommes ici en voiture. On n’a que quelques semaines par an en PACA et en gaspiller au moins la moitié en attendant sur un arrêt poussiéreux n’entre pas dans nos considérations de l’économie du temps. Souvenons-nous: ce matin, on était au marché de Cotignac. En voiture, nous pouvons enchaîner cette randonnée dans la foulée.

Comme tout est axé sur les voitures, on peut même garer notre petit camping-car près du centre, à l’ombre et sans rien payer. On remonte après dans la rue principale. Salernes à une voie de contournement avec la D560 qui passe loin au nord et que nous croiserons deux fois lors de cette randonnée. L’ancienne route passante de la Rue Jean-Jacques Rousseau est donc moins sollicitée. Mais rien n’a été fait pour la réhabiliter en centre de vie, ça reste rectiligne, gris et vide car les magasins sont morts. Les seules flèches indiquent des parkings.

Un peu plus loin, la Rue Jean-Jacques Rousseau est plus large et ombragé d’anciens platanes. On a élargie de manière boiteuse le trottoir sans que cela devienne plus vivable et sans que cela devienne une voie cyclable. C’est de la place scellée perdue car goudronnée. Les bac à fleurs sont vides. L’idée était là, mais on a voulu maximiser encore les parkings en permettant un stationnement en bataille. Cela pourrait être un beau cours. Mais Salernes en a déjà un avec le Cours Théodore Bouge où se tient le marché. Mais cette place est aussi autorisé aux voitures. Allez leur dire quand même que nous sommes dans les années 2020 et que le changement climatique est en train de rouler sur nous.

Bon arrêtons de râler, sortons de ce centre gris. On reste dans le goudron et le béton, car une commune qui mise à 100% sur la bagnole autorise aussi des logements et des constructions nouvelles loin du centre, même si Salernes est limité par le terrain.
Nous devons de toute manière gagner en altitude. Un chemin piéton hors des routes serait le bienvenu pour sortir de Salernes. Or, il n’y en a pas. L’office de tourisme propose des tours similaires qui partent tous de la D560 ou de la route d’Aups D31. Comment se rendre à ces points de départs? En voiture bien sûr, vous l’aurez deviné.

On franchit la D560 à la hauteur de quelques bacs à tri. Ils sont grands. Comment s’y rend-on? Bingo, en voiture!
Mais nous avons enfin la chance de quitter ce goudron et ce béton. Notre chemin monte sur un flanc dénudé. La base est calcaire et il n’y sur cette roche poreuse naturellement que très peu d’humus. Celui-ci ne peut être retenu que par des arbres et des arbres qui ombragent le sol et protègent aussi le sol des l’eau des orages qui dévale et qui arrache tout. Apparemment, ce flanc était en feu dans les vingt dernières années. On voit plus haut des tentatives de replanter des arbres dans des trous entre les rochers. Cela n’a pas vraiment réussi. Les seuls arbres qui ont repris sont malheureusement des pins qui ne sont plus du tout adaptés à ces chaleurs. Tout le reste est formé de buissons comme les bruyères, le romarin et le chêne nain.

Le versant est bien sûr aussi orienté plein sud. Nous sommes encore au printemps, mais en été, on ne peut plus monter ici à midi comme nous le faisons ce 16 mai 2023.

Au bord du chemin se trouvent des trous qui éventrent le sol. À notre avis, on avait tenté de planter ici des arbres. On ne sait pas si ça avait vraiment été entrepris. On ne voit en tout cas rien qui ressemble à un arbre, même pas des arbres morts.

Plus loin au sud, on voit sur deux montagnes emblématiques entre Cotignac et Pontevès: le Gros Bessillon et le Petit Bessillon. Cette zone est devenue tristement célèbre fin juillet 2026 avec un énorme feu partant de Pontevès et menaçant à la fin Cotignac. Par miracle, le Petit Bessillon à été épargné, pourtant le feu est parti de très près de cette montagne.

Nous voilà devant le premier but de la randonnée, la Tholos de la Lauve. La Lauve est la colline sur laquelle nous nous trouvons. Une tholos est un monument grec rond. Le terme grec est bel et bien féminin. On n’a pas de Tholos de Delphes ici, il n’y a même rien de grec. On a ce cercle au sol qui semble avoir été posé là fraîchement. Or, ce monument funéraire date de la fin du néolithique, l’arrangement a donc 4000 à 4500 ans.
Dans les années 1950, le pharmacien de Salernes, André Taxil, fouille la tombe de manière méticuleuse. Il identifie 25 individus de tous âges, les couches supérieures indiquant le rite de la crémation. Il trouve aussi des offrandes comme des colliers en pierres vertes, en calcaire et en coquillages.

Le cercle au centre est l’accès à une petite chambre funéraire qui semble utiliser ici une dépression naturelle du terrain. Ce trou été ensuite structuré avec la tombe circulaire. On ne remarque pas de grands rochers autour de la tombe. C’est donc une zone remplie de terre et de pierres plus petites. Il est assez improbable que l’accès à la tombe était fermée par une grande dalle car la roche n’en livre pas ici. Il y avait sans doute ici un grand tas de pierres par-dessus.

Le monument n’est pas bien grand, mais c’est l’unique de ce type dans le Var.

Notre chemin au-delà est facile: marcher vers le nord en évitant les pistes forestières fades. On fait donc ça pendant une heure environ pour faire un petit crochet sur un éperon rocheux au-dessus de la chapelle St. Barthélémy. Cet éperon s’avance du nord vers le sud et c’est un cul-de-sac pour nous, mais il vaut le détour.
À une époque non élucidé avant l’an 1000 de notre ère, il y avait ici une place fortifiée sur la route (enfin, le chemin) entre Aups et le Verdon d’un côté et la Vallée de l’Argens qui mène à la mer de l’autre. Des murs doublés protégeaient le flanc nord à découvert, le reste étant composé de falaises plus ou moins abruptes. On trouve derrière le mur défensif des batteries de chambres ou de bâtiments accolés.
Il s’agit sans doute d’un poste militaire car l’éperon rocheux ne permettait pas de subvenir à nourrir les gens sur place. Sans même parler du manque d’eau ici.

Les débris de terre cuite sont des restes de tuiles mais aussi d’amphores brisées.

La crête n’est pas infranchissable, il est juste un peu pénible de descendre du plateau. On passe ces baumes qui datent d’un temps ou la Brague coulait bien plus haut pour former ces affouillements.

Nous avançons de rocher en rocher car dans les trous pousse la végétation épineuse méditerranéenne. Si les épines ne sont pas dures, ce sont les branches qui ne se plient nullement au passage.

Notre but: voir sur la chapelle d’en haut. Cela réussit. On pourrait sans doute descendre ici, mais cela serait au prix de multiples égratignures. De plus, on descendrait trop vite dans le vallon ici.

On a une vue pas trop mauvaise ici. D’abord c’est le vallon au sud qui forme aussi l’isolement de l’éperon sur lequel nous nous trouvons.

Puis, tout au nord-est se trouve le plateau avec la partie orientale du camp militaire de Canjuers. Au-delà commence le Verdon!

À l’est, on voit dans le Vallon de la Brague, qui forme ici des gorges avec des falaises des deux côtés.
Pour le retour, nous explorons la face est du versant sous l’éperon rocheux. Il n’y a pas de chemin ici, mais deux grottes avec des ouvertures. Il s’agit d’affouillements de la Brague d’un temps bien révolu.

Cependant, l’érosion du calcaire à aussi travaillé au fond des baumes et il y a des ouvertures. La première grotte dispose d’un passage dans une une autre salle plus petits. On peut passer à l’intérieur ou faire le tour à l’extérieur.

La deuxième grotte dispose d’une salle principale plus grande.

Le fond de la grotte est décoré de concrétions calcaires qui ne sont plus alimentés par de l’eau chargée de calcaire depuis longtemps. Ce tuf se désagrège et se brise.

Cette deuxième grotte dispose aussi d’une deuxième ouverture. Contrairement à la première grotte, son ouverture part vers le haut et donc sur le plateau. Mais ce passage est vertical et pas accessible pour nous randonneurs.

A l’avant des grottes se trouvent des murets. Les bergers y abritaient leur moutons et chèvres jusqu’aux années 1950.

Nous ressortons de l’éperon rocheux vers le chemin et on commence la descente définitive vers le Vallon de la Brague. La descente est assez directe, le chemin n’est que rarement aussi docile comme dans la photo ci-bas.

En bas, dans le vallon, qui est en fait un canyon, se trouve un large chemin. Il y a des baumes à niveau du lit de la rivière (sèche), mais on en trouve aussi plus haut qui datent d’un temps où la Brague n’avait pas encore creusée à cette profondeur.

C’est assez curieux que ce passage ne s’appelle pas Gorges de la Brague. Les Gorges de Plérimond sont en principe juste au-dessus de la marche principale. Celles-ci sont beaucoup moins prononcées et il n’y a pas de chemin qui y passe non pas parce que c’est trop difficile, mais parce que c’est de moindre intérêt. Donc beaucoup de noms contradictoires le long d’un même cours d’eau. Le vallon serait en fait en haut, et les gorges sont ici en bas, pourtant dans la dénomination c’est bien l’inverse. Pour compliquer le tout, la partie basse du Vallon de la Brague est appelée Site de Saint Barthélémy du nom de la chapelle qui s’y trouve. C’est le nom qu’utilisent les locaux quand ils viennent se ressourcer ici.
Donc on avance dans le canyon du Vallon de la Brague. Sur les photos, nous les appelons Basses Gorges de Plérimond pour rendre justice à la géomorphologie présente, mais c’est une dénomination tout à fait privée.
En tout cas, les gorges se resserrent. On avance en direction amont, pourtant on descend. C’est dû à la marche par-dessus laquelle passe (quand elle coule), cette cascade creuse le fond et rejette les terres et petites pierres plus loin.

Nous voilà à la marche qui nous interdit d’avancer aisément. Ici aussi se trouvent des concrétions calcaires d’un temps où passait beaucoup plus d’eau ici. Ce paquet de dépôts calcaires et recoupé par un filon très fin qui coule ici par temps d’orage. Il reste de l’eau dans le gravier, mais ce n’est plus autant qu’avant.
Un peu avant le resserrement et l’enfoncement vers cet endroit se trouve une échelle sur la droite où l’on pourrait avancer vers les hautes Gorges de Plérimond.
Nous faisons demi-tour au cul-de-sac pour retourner le long de la Brague jusqu’à la sortie des gorges et pour redescendre sur Salernes.
On n’a pas vu beaucoup d’eau, mais la Brague existe réellement et ce point que l’on en retire de l’eau par cette station de pompage.

En bas, on voit le petit ruisseau de la Brague couler. Il y a aussi plusieurs passerelles et gués sur le cours d’eau.

La chapelle est construite un peu en hauteur. C’est bien notre dernière ascension de la journée.

La chapelle date du 16e siècle, mais elle est massivement transformée en 1814. On reconnaît indéniablement le style des gares du 19e siècle.

À l’intérieur se trouvent des fresques récents par l’artiste local Alain Dalmasso. Cependant, le bâtiment souffre d’humidité.

Plus bas, le ruisseau est un peu plus large. Il peut cependant s’assécher en été.

À la sortie du site de St. Barthélémy nous retrouvons une route goudronnée et logiquement un parking. Nous redescendons donc en ville et nous devons marcher un quart d’heure sur cette petite route.
On prend cependant un chemin original par la suite: on suit un canal qui passe sur un pont-aqueduc sur la passante D560. Ce passage date de la construction de la route en 1974, il est donc assez récent. Si tu passes en voiture, tu verras les grandes piles et les trois arches qui en font un petit aqueduc de Roquefavour.
On retrouve en face un court passage sur des simples chemins entre maisons, mais on retrouve malheureusement vite le goudron.

Nous ne passons plus au château en ruine car nous y avons été en 2019. On retourne rapidement au point de départ car on doit retourner chez nous amis à Néoules. On a quelques soucis techniques avec notre Trafic aménagé.
